Abbaye du Betton

L'abbaye cistercienne de femmes du Betton

L'abbaye du Betton a-t-elle sa place dans ces pages ? Elle a tant de liens avec Chamoux, ses seigneurs, puis… ses malades, que nous lui ouvrons une page, et même, une page… qui sera un peu longue.

Ancienne abbaye cistercienne de Betton - photo A.D. / CCA

• La fondation de l'abaye

C'est l'abbé Félix Bernard, ancien curé de La Table, qui raconte 1 : au XIIe siècle, l'ordre de Bernard de Clairvaux se développe : dans la Combe et la Haute Combe de Savoie, Pierre Romestang (le futur archevêque de Tarentaise Pierre II) fonde l'abbaye cistercienne de Tamié pour les hommes (et il en prend la direction), et l'abbaye cistercienne du Betton pour les femmes (et il y place sa mère Fribourge et sa sœur).
L'abbaye du Betton est fondée en 1132 ; l'installation des moniales du Betton daterait du 7 des ides de mai 1133.

• Des religieuses, cisterciennes

Au XIIe siècle, les coutumes et l'horaire étaient très variés chez les cisterciennes. Au début du XIIIème siècle, la multiplication des maisons de Moniales impose plus d'organisation : à partir de 1213, pour appartenir à l'Ordre, les Couvents devront adopter une Clôture Stricte.
Mais la Contre-Réforme ne valorise guère les principes austères des cisterciens, les vocations se raréfient, les règles se font moins rigoureuses… exposant les moniales à la critique!

• Une réunion de filles nobles

Jeunes filles ou veuves, elles furent nombreuses à se faire religieuses, cloîtrées, entre elles, les dames "de bonne famille."
Dans le désordre, on relève :
- Alice et Marguerite filles de Nantelme de Miolans (Cette dernière en sera l’abbesse en 1270)
- une Eygline de Chevron-Villette abbesse du Beton en 1311 (de Foras)
- Engeline de Vilette abbesse du Beton signe en 1342 un parchemin concernant des échanges faits avec plusieurs personnes (A.D. Hte Savoie)
- Catherine de Villette abbesse du Betton vers 1409 (de Foras)
- Alexie de Crescherel abbesse de Betton vers 1420
- à la fin du XVe s, Claudine de Luyrieux religieuse de Château-Chalons, puis abbesse du Betton (Guichenon)
- (Sé)Bastienne de la Chambre fille de Jean II de Seyssel-La Chambre, fut abbesse du Beton; (selon de Foras) elle avait avec elle, en 1570, au Betton, Delle Charlotte, sa sœur. Elle agit à ce titre, le 9 février 1573, le 30 mai 1573, le 31 juillet 1573. En 1577, elle fait, en cette qualité procéder à la visite des bâtiments du Betton, en assez mauvais état; Guichenon la dit encore abbesse en 1790 ; mais elle est relevée de ses vœux (voir plus loin)
- sa sœur Charlotte de la Chambre-Seyssel était en 1570, au Betton, non religieuse, avec Rde Dame Bastienne, sa sœur abbesse du  Betton . Elle y était encore en 1573, et, à cette date, qualifiée religieuse et secrétaire. Mais elle sortit du couvent et se maria (2 fois) épousa 1°) contrat de mariage du 23 novembre 1578 Jean-François Costa de Bennes, comte de Pont-de-Veyle, vicomte de Miribel. Elle reçut en dot 14-000 livres . Jean-François plaidait, en avril 1582, avec Aimée de la Baume pour le paiement de la dot, pour laquelle les revenus de la seigneurie de Chamoux furent engagés le 9 octobre 1588. Elle épousa 2°) le 23 janvier 1592 (Guichenon, Savoie, T. III, P . 430), Christophe d'Urfé' seigneur de Bussy . Elle était morte avant le 5 avril 1594.
- sa sœur Philiberte de la Chambre, veuve de François des Barres, seigneur de Neufvy, se serait faite religieuse du Betton et serait devenue abbesse de ce monastère.  (de Foras est dubitatif)
- Marguerite de Mareste de Lucey, pendant quarante-cinq ans, de 1594 à 1639
- (mais De Foras  relève : Anne de Commiers, abbesse du Betton, vers 1614)
- Françoise Favier du Noyer de Lescheraine, religieuse (1613, 1625), puis abbesse du monastère de Betton, morte et remplacée en 1652 par Rde Dame Suzanne de Monteynard
- Jeanne de Crucilieu, abbesse en 1655 (ADS 1J 203)
- Marguerite Lucas d'Aléry, mère abbesse du Betton (vers 1716)2
-1730, M.Françoise de Gruel du Villard abbesse du Betton
- 17 mai 1736, élection de la  coadjutrice de l’abbesse en place, Rde Marie, fille de François Degruel de Villars
- XX Chollet, abbesse (1787, 1793)

On pouvait y "faire carrière" :

- Patentes soit placet de Son Altesse Royale en faveur de Révérende Dame de Crusillieux Desley, religieuse au couvent de Bonlieu pour être reçue coadjutrisse au couvent du Betton, ordre de Cisteaux ensuite de la nomination qu'en ont fait les Révérendes religieuses du Betton pour coadjutrice à Révérende Dame Francoise Favier, dernière défunte abbesse dudit lieu, par lesquelles Son Altesse Royale leur permet d'icelle recevoir pour coadjutrice avec future succession à Dame de Montenard qui auroit été nommée abbesse ensuite du placet de Son Altesse Royale, les dites patentes du 1 Juin 1652, avec l'arrêt d'enregistrement ensuite du 21 Juin suivant 3.

- Confirmation du Révérend Abbé de Cisteaux de l'Abbesse du Betton en faveur de Suzanne de Montenard, religieuse professe en ladite abbaye et de Dame Jeanne de Crusilieu pour la coadjutorie de la dite abbesse avec future succession de la dite abbaye, la dite confirmation du 13 Septembre 1653, dans laquelle confirmation est fait mention du placet soit brevet de Son Altesse Royale en faveur de la ditte abbesse.*

On trouve chez le Tabellion d'Aiguebelle plusieurs contrats d'entrée en religion, dont celui de Demoiselle Rosalie Thérèse Margueritte fille du Seigneur Dom Antoine Petitti, passé devant notaire comme un contrat de mariage : il évoque une jeune fille d'une position sociale élevée, dont la famille prend des précautions avant de la confier à l'Abbaye, afin de la protéger des éventuelles tourmentes du siècle.

(ci-contre : Textes à l'appui : Entrée en religion)

• Bien chantant mais mal accordant 4

En septembre 1520, voulant visiter le Saint-Suaire à Chambéry, Monseigneur Edmé, abbé de Clairvaux va d'abbaye en abbaye - quand il peut; il passe par Genève, Annecy/Bonlieu, Tamié, arrive à Betton le 15 : là, "il y avait une bonne et maîtresse abbesse avec 20 ou 22 religieuses assez bien chantant mais mal accordant, témoin les répons des matines.L'abbesse reçut Monseigneur, et traita bénignement et doucement durant la visitation, et il trouva les religieuses aucunement disposées à bien."
 

• Dérapages au Betton

Un couvent de femmes… cela fit jaser (à vrai dire, les contes populaires sont aussi pleins de récits de paillardises de moines). La réputation des Dames du Betton en souffrit, évidemment.

Potins ?
Au vrai, il y eut au moins une religieuse pour encourager les mauvaises langues: Sébastienne de la Chambre (au Betton de 1578 à 1590).
Peut-être était-elle vraiment entrée dans les ordres contre son gré ? En effet, les seigneurs chefs de famille aimaient à placer leurs pions dans tous les centres de pouvoir. Peut-être cette charge sans vocation devint-elle insupportable à l'Abbesse quand elle rencontra un quasi voisin, Jacques de Montmailleur, comte de Brandis ? (Comment cette femme cloîtrée l'avait-elle donc vu ?) En tous cas, elle obtint une dispense de Rome et l'épousa.
Son plus grand tort était à venir : son mari, gouverneur du fort (assiégé) de Montmélian, le défendit fort mal contre les armées d'Henri IV. Léon Menabréa raconte que :

« la femme de Brandis qui s’amusait à fabriquer au chalumeau de petits objets de verroterie, avait envoyé a celle de Sully un collier et des pendants d’oreille très ingénieux. Celle-ci lui envoya en échange six lapereaux, six levrauts, douze cailles grasses, une douzaine de pains blancs mollets et douze bouteilles de vin et réclama en même temps un entretien. Ces dames s’étant vues une fois, puis deux, puis trois, puis enfin ne pouvant se passer l’une de l’autre, arrêtèrent secrètement plusieurs points concernant la reddition du château. »

Mais ce n'était pas fini : sa sœur Charlotte se fit-elle vraiment religieuse? Car elle aussi, quitta le Betton pour se marier; et cela ne dut pas provoquer des états d'âme dans sa famille, qui la dota. Selon De Foras : 

« Charlotte de la Chambre-Seyssel était en 1570, au Betton. Mais elle sortit du couvent et elle épousa 1°) contrat de mariage du 23 novembre 1578 Jean-François Costa de Bennes, comte de Pont-de-Veyle, vicomte de Miribel. Elle reçut en dot 14-000 livres. Jean-François plaidait, en avril 1582, avec Aimée de la Baume pour le paiement de la dot, pour laquelle les revenus de la seigneurie de Chamoux furent engagés le 9 octobre 1588. Elle épousa 2°) le 23 janvier 1592 (Guichenon, Savoie, T. III, P . 430), Christophe d'Urfé, seigneur de Bussy . Elle était morte avant le 5 avril 1594»

De gré ou de force

Il est vrai que toutes ces dames ne sont pas toujours entrées par vocation : l'usage voulait que l'on privilégie un enfant - un fils bien sûr-, afin de préserver la transmission des biens sans trop d'effritement. Donc, un fils, l'aîné souvent (mais pas toujours) était destiné à hériter. On payait leurs études aux autres garçons, pour qu'ils se fassent officiers, ou entrent dans les ordres.
Quant aux filles, on les mariait avec une dot que l'on tardait parfois beaucoup à payer; mais surtout, on plaçait nombre d'entre elles au couvent, très jeunes : là, une petite dot suffisait, c'était plus économique - un contrôle des naissances aristocratiques en somme.
Et puis, le monastère prenait parfois l'allure d'une "maison de redressement", un lieu où s'étouffent les scandales. En 1724, le Comte de Sales des Lances raconte qu'une famille a voulu "porter plainte" contre le  suborneur de leur fille2 : "J'ai cru  leur devoir faire insinuer que cette plainte doit être secrête pour éviter l'éclat qui déshonorerait leur famille. J'ai appris hier soir qu'ils ont conduit la Demoiselle dans le couvent du Betton". (Parfois, le garçon était conduit presqu'en face, à la prison de Miolans; mais pour quelques semaines - lui !)

Ragots ?

- Requête présentée au Révérend Demontholon par Dom Nicolas Grandat, prieur claustral de l'abbaye de Thamié , sur ce que qu'il lui seroit venu à notice qu'une sœur Louise Francisque, religieuse professe de l'abbaye du Betton, avoit en un commerce scandaleux avec un Révérend Meinier, il lui plut informer sur le contenu de la dite requête au bas de laquelle est un décret du dit Demontholon, par lequel il est dit qu'il sera par lui informé, en après est une commission dudit Montholon à Révérend Dom Nicolas Grandat, prieur claustral de l'abbaye d'Hautecombe pour être promoteur en dite formalité ; s'ensuit ensuite un arret sur requête du dit Révérend Grandat par lequel lui est permis de faire les poursuites par devant ledit Révérend Demontholon à forme de l'arret de ce jourd'hui 30 Juin 1664, et sous les conditions, et réserves portées par le dit arrêt.5

Hola !
Les lignes qui précèdent montrent que les religieuses, quoique cloîtrées, étaient sous surveillance!
Et pas seulement les Dames du Betton :

Lettre de commission émanées de Révérend frère Jean Petit, abbé chef, supérieur, général de tout l'ordre de Cisteaux en faveur de Révérend Dom George Meillardet, proviseur au séminaire de Dole, pour visiter les abbaye de Thamié, d'Hautecombe, d'Aulx, de Chesery, du Betton, de Ste Catherine de Bonlieu, y reformer tout ce qui devra y être réformé tant pour regard du spirituel que du temporel, les dites lettres du 26 Octobre 1676, avec un décret sur requête du dit Meillardet, permettant d'exécutter la dite commission.5

• Bâtisseuses

La première abbaye du Betton date donc de 1133. Combien de temps ses murs ont-ils tenu ?

En 1571, au nom des religieuses, noble Antoine Losaz  convient d'un "prix-fait" avec un charpentier de St-Pierre de Soucy : gros travaux en vue pour l'église, le cloître, le dortoir… Il en coûtera 500 florins à l'Abbaye.

Mais en juillet 1597, "les soldats de Lesdiguières pénètrent par force dans l'abbaye des moniales qu'ils offensent et chassent indignement, se ruent sur tout ce qu'ils pouvaient emporter, et comble de méchanceté, ils brûlent leurs archives et les reconnaissances de la maison pour rendre impossible la perception de leurs droits, dîmes et taxes diverses. Ils n'oublient pas de profaner l'église et même d'en abattre entièrement la toiture. Le lendemain matin, ils se rendent à Chamoux pour se reposer de leurs désordres (si le bourg de Chamoux fut épargné, c'est que l'état-major de Lesdiguières tenait à se garder un logement)" 1

Le 24 août 1716, les Dames du Betton passent un prix-fait avec Jacques Chesaz, maître maçon de Chamoux originaire de la Valsesia pour la construction "de fond en combles" d'une nouvelle église, d'un cloître, de dortoirs : il a déjà réalisé entre autres grands chantiers, la nef de la nouvelle  église de Chamoux (bientôt, il ajoutera le chœur) ; il s'engage à livrer la construction sous quatre ans.

Ce document6 est précieux pour la compréhension d'une architecture monacale, et du mode de vie des religieuses.

• Propriétaires terriennes

EN TRAVAUX

le cadastre de Chamoux de 1728 cite parmi les personnes ayant un droit féodal dans la paroisse : dame Marie-Françoise de Gruel du Villard, abbesse du Betton.
Entre Berre et le bourg de Chamoux, près du pré de la Chapelle, existait aussi un lieu-dit "L'Abbaye"

On trouve de nombreux contrats de gestion des terres chez le Tabellion, par ex :

Contract d'abbergement passé par les Révérendes Dames Religieuses du Betton en faveur de Me Joseph Lozat, natif du Bourget en Maurienne Notaire, ducal, habitant à Villarlégier de quelques pièces de vigne, teppe, buisson sous la servitude annuelle et perpétuelle de trois barrils de vin mesure d'Ayguebelle, ratification faite par le Révérend vicaire général de Cîteaux du susdit contract, une quittance en faveur du dit Lozat avec l'arrêt du sénat portant l'enregistrement des dites pièces.3

(bribes)

• La fin d'une abbaye

La Révolution disperse les religieuses, l'Assemblée nationale française ayant voté la suppression de l'ordre pour motif d'inutilité en février 1790. L'Abbaye connaît la fin de son histoire.
L'abbé Félix Bernard raconte les années semi-clandestines d'une de ces femmes retournées à la "vie civile", près de la Rochette, et qui tenta de poursuivre  son engagement auprès des jeunes filles des alentours…1

Un hôpital qui rend malade

Que faire du site du Betton ? Dans cette vallée alors victime de nombreux désordres physiologiques (fièvres, paludisme, goître et crétinisme), on ouvrit un hôpital.
Le 16 février 1827, l'Administration fit l'acquisition d'une partie de la propriété de Betton. Le 6 mars 1827, les Lettres royales approuvaient la création de l'hospice des aliénés pour la province de Savoie. À partir du 1er juillet 1828, les aliénés y sont soignés par les Sœurs de la Charité de St Vincent de Paul, aidées par des hommes.
Hélas ! Malgré sa position ensoleillée, la proximité des miasmes, la réunion des malades, aggravaient encore la morbidité des patients : même les soigants étaient atteints. Alors, entre 1847 et 1853, on transféra l'hôpital à Bassens…
C'était avant les grands travaux sur le cours des rivières, qui assainirent enfin la région.

A.Dh.


Sources
1- Félix Bernard, Le Pays de Gelon… chapitres XXVII et XXVIII
2- Est-ce la Supérieure évoquée dans "Voyage littéraire de deux religieux bénédictins" (Paris 1717) : "Npus séjournâmes 2 ou 3 jours à Maurienne, et nous en partîmes combles des bontés de Monseigneur l'Évêque pour aller à l'abbaye de Beton, de l'ordre de Citeaux. Madame de la Roche d'Alleri, sœur du comte de la Roche qui défendit Turin assiègé par les Français, en est labbesse""
(ouvrage cité par Max Bruchet dans "La Savoie d'après les anciens voyageurs : Ammien Marcellin, Eustache Deschamps, le mystère de Saint Bernard de Menthon, Rabelais, Montaigne, les ambassadeurs vénitiens, Thomas Coryate, le cavalier Marin, le "diario" de Rucellai, la glorieuse rentrée des vaudois, Montesquieu, Windham et Pococke, La Rochefoucauld, Young, Stendhal, etc, etc "  ( Impr. de Hérisson frères, Annecy, 1908), en ligne sur Gallica_fr)
3- Archives de Turin S.9 (cf Jean Nicolas La Savoie au XVIIIe siècle p.403 - Ed. La Fontaine de Siloe)
3- cité par Max Bruchet (p. 45 et suivantes) dans La Savoie d'après les anciens voyageurs : Ammien Marcellin, Eustache Deschamps, le mystère de Saint Bernard de Menthon, Rabelais, Montaigne, les ambassadeurs vénitiens, Thomas Coryate, le cavalier Marin, le "diario" de Rucellai, la glorieuse rentrée des vaudois, Montesquieu, Windham et Pococke, La Rochefoucauld, Young, Stendhal, etc, etc / ( Impr. de Hérisson frères, Annecy, 1908) consultable sur Gallica.fr
4- A.D.Savoie (IR 207
)
5- A.D.Savoie en ligne : Bureau du Tabellion d’Aiguebelle – 1715 – 2C 2102 F°675 (II page 285/405)


Bibliographie
• L'abbaye du Betton :
Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie - 1912 (SER2,T52). - p.15 (http://gallica.bnf.fr
/) p.15 et suivantes
Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie - 1886 (T24). p.296 et suivantes. http://gallica.bnf.fr/
Le Pays de Gelon, petit-fils de Charlemagne - Félix Bernard 1969


Pour les chercheurs : ressources à explorer ?

Archives départementales de Savoie
• les registres du Tabellion (en ligne)

• SA 149. Province de Maurienne : Titres de la Maison de La Chambre (suite.)
- Contrat de mariage conclu entre Jean, comte de la Chambre, vicomte de Maurienne, et Aimée de la Baume, fille de Jean de la Baume, comte de Montrevel, gouverneur et lieutenant général pour le roi de France en tous les pays de Savoie, Bresse, Bugey et Valmorey, fait a Bourg-en-Bresse dans la maison et logis dudit comte de Montrevel, copie authentique (1546, 6 décembre).
- Pièces du procès intenté par Louis de La Fayette, chevalier, au nom d’Anne de Vienne, sa soy disant sa femme, auparavant religieuse, contre Jean, comte de La Chambre et Gaspard de Saulx, seigneur de Tavannes, au nom de leurs femmes, Aimée et Françoise de la Baume, et aussi contre les tuteurs des mineurs de Sombernon à propos de la succession de François de Vienne et de Benigne de Grandson (1547- 1549).

• Consignements et sommaires des titres de fiefs, 1758-1781 (SA 4 - F°117)

•  Archives Départementales de Savoie, Archives en ligne / autres Archives en ligne /section Archives de Cour. - Consignements et sommaires / S 64  - F°68

•  Archives Départementales de Savoie, Archives en ligne /  Archives du Tabellion de St Pierre d'Albigny /1697 (2C 1106) F°176 (p 170/189 ) : Acte d'état

Textes à l'appui

Quelques textes glanés dans les registres du Tabellion…

 

Reconstruction

un coup de main est toujours apprécié pour la transcription (les références de folios sont indiquées en bas de page) !

L'abbaye cistercienne de femmes du Betton a souffert en 1597 du passage du Maréchal de Lesdiguières, au service du roi de France Henri IV et de son ministre Sully (tous étaient Protestants à l'origine). Il faut attendre avril 1715 pour que soit envisagée la reconstruction de l'église ; un premier prix-fait est même signé devant notaire, apparemment sans suite1 ; mais en 1716, nouveau prix-fait pour de plus amples travaux, sur le projet d'un architecte.  Il semble qu'à cette occasion, l'abbesse ait traité directement avec les constructeurs, sans déléguer ses pouvoirs à un homme de confiance ?

24-8-1716

Prix fait pour la Dame Abbesse du Betton
contre2 honorable Jacques Chesaz
(église du Betton: Tardy notaire)

--- 428 G ---
L‘an mil sept cent et seize et le vingt-quatre août
- par-devant moi, notaire, et les témoins bas nommés, s’est établie en personne
- illustre Révérende Marguerite Lucas d'Aléry Abbesse de l’abbaye Révérende de Notre Dame du Betton, ordre de Cîteaux, laquelle de son gré pour elle et les successeresses prieures et religieuses de la dite Abbaye,
- donne et baille le prix-fait à honorable Jacques Chesaz maître entrepreneur habitant à Chamoux […] acceptant pour lui et les siens les ouvrages suivants :
- pour la construction de la nouvelle église qu’elle veut faire construire de fond en comble audit Betton, sur les dessins, profils et panneaux du Sieur Ferdinand Sigismond de la Roue, pasquier peintre et architecte, sous sa conduite.

D'abord, l'église : une partie pour les fidèles, une partie pour les religieuses, cloîtrées.

- Premièrement seront faits tant plein que vide à l’égard des portes et fenêtres, les murs des fondations des côtés de l’église de quatre pieds de longueur sur cinq pieds d’épaisseur ; sera fait ensuite la fondation du mur du fond de l’église de vingt cinq pieds de longueur et celle du clocher de trente pieds de tour mesuré moitié dehors, et moitié sous les dômes de treize pieds de face par leurs deux côtés sur huit pieds d’épaisseur, celles des murs y compris être deux pieds et demi de saillie dans le vide du chœur des dames sur un pied trois pouces dans le vide de la croisée ; seront faits les deux autres massifs des jambages sur le dôme de treize pieds de face seulement deux de leur côté vers ladite croisée de neuf pieds six pouces de l’autre face de cinq pieds neuf pouces d’épaisseur vers les mêmes côtés sur six pieds neuf pouces vers le sanctuaire l’épaisseur des murs y compris sera dix neuf pieds de distance les uns des autres ; sera aussi faite la fondation du mur [ ?] du sanctuaire de quatre pieds et demi d’épaisseur sur trente-trois pieds de  circonférence sera fait un massif de fondation ; sous le perron de l’entrée de l’église pour les [ ?] de dix-sept pieds de longueur sur deux pieds de largeur, et trois de profondeur, toutes les autres fondations qui seront faites pour les murs moyens de face et de refend tant pour les escaliers que pour le chapitre ; les confessionnaux, Sacristie et corridors, auront cinq pouces d’épaisseur au dehors plus que les murs élevés au-dessus, et trois pouces au-dedans, le tout à raison des mesures marquées pour les pièces ci-après, et en cas qu’il y  ait quelques parties et fondations mentionnées qui fassent [ ???] approchant du chemin, ou [ ?] le Sanctuaire et la croisée, et cela à cause de l’élévation du terrain se [ ?ède] au rocher qui se pourrait trouver au-dessus du rez-de-chaussée de l’église, elles seront réduites et l’épaisseur des murs élevée au-dessus de ce dit niveau et sera fait ainsi pour les autres murs moyens approchant dudit chemin; le tout en pareil cas seulement.

Abbaye cistercienne de femmes du Betton - Photo A.D./CCA
Côté ouest : chœur, entrée de l'église, nef, clocher ?

Toute la nouvelle église contiendra au-dedans huitante-quatre pieds quatre pouces de vide en longueur et cinquante-huit pieds d’une croisée à l’autre, et il y a dedans sur vingt-cinq pieds de vide de ladite croisée en largeur.3

 

Approximations

 

 

 

longueur enceinte extérieure

115,25 m (140 P)

 

largeur nef et chœur des Dames

8,5 m

hauteur

15,25 m (45 P)

 

grand diamètre du chœur

12,5 m

épaisseur des murs extérieurs

1,35 m (4 P)

 

petit diamètre du chœur

11 m

longueur intérieure église

28,6 m (84 P 4 p)

 

 

 

l. d'une croisée à l'autre

19,6 m (58 P)

 

hauteur du clocher

22 m

largeur

8,5 m (25 P)

 

 

 

La nef et le chœur des dames aura vingt-six pieds de vide entre le nu des murs de côté, le [ ??? ??] aura trente-sept pieds de vide dans son grand diamètre, sur trente-trois dans le petit diamètre ;
- seront faits les murs qui ferment l’enceinte de l’église et du clocher de quatre pieds d’épaisseur sur trois cent quarante pieds courant et sur quarante-cinq pieds d’élévation, depuis le pavé de l’église des [ ??] tant pour le sanctuaire que .………………
--- 428 D ---
…………pour la croisée du chœur des dames, et le clocher qui sera encore élevé au-dessus d’environ vingt pieds, ses murs seront réduits par le haut, à raison d’un pied de moins en dehors, tant pour la [retraite] que pour le [balut] et de trois pouces en dedans, les murs du clocher seront aussi réduits à deux pieds trois pouces par le haut, toutes les saillies des [ardouble4 ?] aux pilastres montants, frise et architrave, excèderont au-delà de l’épaisseur des murs marqués ci-dessus, tant pour leur hauteur que largeur, de même que la corniche, qui aura deux pieds de hauteur sur autant de saillie, ces pilastres, montants, frise et architrave auront quatre pouces de saillie, et leur hauteur et proportion conformément au dessin ;
- sera fait sur le pavé de l’église une [ ??] pour la [cave ??] de trente-cinq pieds de longueur sur vingt-cinq de vide , et d’un pied d’épaisseur, et environ dix pieds  de [ ?] depuis les impostes, la grande voute au-dessus du chœur des dames contiendra cinquante pieds dans sa circonférence au-dessus des [socle ?] des corniches, sur vingt-sept pieds et demi de longueur et neuf pouces d’épaisseur, sur vingt-et-un de vide ; la voute au-dessus du chœur des sœurs n’aura que six pieds de largeur entre les arcs doubleaux, le dôme ou la coupole [ ??] contiendra cent et huit pieds de circonférence dans son plan depuis la clef des quatre grands arcs au niveau desquels elle aura vingt-cinq pieds de profondeur sous le lanternin, lequel sera construite à douze pieds d’élévation au-dessus sur la couverture de ladite coupole et sera percée de quatre fenêtres de six pieds de hauteur, sur deux et demi de largeur, et [ ?] par le haut la calotte dudit lanternin sera faite en demi-cercle d’environ six pouces d’épaisseur, le vide du tambour du même lanternin aura neuf pieds et demi sur six pieds et demi, et sera fait aussi à [ ?? ??] les quatre œils-de-bœuf [ ?] de neuf pieds et demi de hauteur sur six pieds neuf pouces de largeur, et seront faits au-dehors  en lucarne et en embrasure tant hautes en dedans.

Abbaye cistercienne de femmes du Betton - Photo A.D./CCA

 

 

 

Côté nord, le choeur
(vue sur l'une des fenêtres latérales ?)

 

 

 

La voute du sanctuaire sera faite en cul-de-four d’environ vingt pieds huit pouces de largeur sur six pieds de profondeur, et dix pieds quatre pouces de hauteur, et neuf pouces d’épaisseur seront faites les deux voutes de la croisée d’environ vingt pieds de vide sur sept pieds neuf pouces de largeur et neuf pouces d’épaisseur ; les huit grands arcs doubleaux qui soutiendront le dôme seront faits de deux manières différentes : les quatre premiers qui poseront sur les socles auront dix pieds quatre pouces d’élévation sur vingt pieds huit pouces d’intervalle et seront faits en deux cercles [ ?] par le [replat ??] au-dessus du [dôme ?] ; les quatre autres arcs renfermeront les premiers et s’élèveront en pointe en arc gothique pour soutenir le pied du dôme ; les quatre angles des maçonneries entre les arcs seront construits à [ ?] sous ledit dôme , et auront dix pieds trois pouces de hauteur depuis les socles et seront d’un pied d’épaisseur, et en cas que les bases soient faites en maçonnerie, les socles en-dessous seront construits en pierre plate posée de chant, et auront à peu près les mêmes dimensions que les mêmes arcs marqués ci-après pour être faite en pierre de taille si l’on trouve des matériaux convenables, en quel cas seront [ taillées ?] huit bases [aticques] et quatre demi bases de même, le tout à [l’équerre ?] et de plus vingt bases [scu ??] et deux demi semblables seront aussi taillées, huit autres bases plus simples semblables à celles des huit, et ………
--- 429 G ---
……… jambages, et  quatorze intervalles seront aussi faits les socles des mêmes pierres, si faire se peut, sur un pied deux pouces de hauteur sur deux pieds [onze ?] pouces de largeur ; et environ sept pouces de saillie, les bases ci-dessus auront environ la même largeur et saillie, et n’auront qu’un pied trois pouces de hauteur, les deux bases à proportion, et les bases des jambages, selon les profils qui en seront donnés, seront taillés massifs ;
- pour le bas des montants du portail de six pieds de largeur sur neuf pouces d’épaisseur, de neuf pieds de hauteur, y compris les arrière-corps entre les chambranles de la porte qui sera d’un pied de large sur quatre d’épaisseur, et quinze pieds de hauteur jusques au linteau [ou ???   ???] qui sera de même largeur sur neuf pieds et demi de longueur ; la corniche aura environ neuf pieds et demi de longueur par la [retraite ?] de la frise et deux pieds d’épaisseur sur un pied d’épaisseur, soit de hauteur ;
- le vitrail aux fenêtres ovales placé au-dessus sera aussi de même largeur et épaisseur et aura neuf pieds sept pouces de diamètre sur environ sept de hauteur, sur deux pieds et demi d’épaisseur et cinquante pieds de longueur ; ensemble la frise et astragale au-dessous auront un pied d’épaisseur et de hauteur sur vingt-deux pieds de longueur, toutes lesquelles pièces seront taillées en pierre les plus convenables que faire se pourra ;
- seront faits en maçonnerie des autres vitres ovales semblables au précédent, l’un pour le fond de la croisée en face de la porte des séculiers, et l’autre au-dessus de la tribune des orgues pour  laquelle sera fait une voute surbaissée en anse de panier (« en nance de pagné » sic) qui supportera le plancher au niveau de l’imposte [ ?] et sera environ de trente pieds de circonférence sur vingt pieds de hauteur depuis les impostes sur huit pieds de profondeur et environ neuf pouces d’épaisseur retenu par devant par des clefs de [fort] ;
- sera fait dans la voûte du sanctuaire un œil-de-bœuf de huit pieds de diamètre en tout ; sous, seront aussi faits trois vitraux [ ?] par le haut de dix pieds de hauteur sur huit pieds et demi de largeur et environ trois pieds d’épaisseur, et seront placés, savoir : deux au deux fonds de la croisée, et l’autre au fond de l’église, entre les corniches et la voute ; seront faits les autres vitraux de la même forme, placés dans les côtés du chœur des Dames, aussi sous la voute, qui auront neuf pieds et demi de largeur sur [onze] pieds et demi de hauteur et trois pieds d’épaisseur, lesquels seront accompagnés chacun de deux autres vitraux [ ?] et triangulaire renfermés avec les précédents sous un bandeau [ ?].
- Les lunettes de la grande voute, et lesquels vitraux, auront sept pieds neuf pouces de hauteur, sur quatre pieds trois pouces de largeur, et seront séparés [ ? les ?] deux par des montants [aplomb] des pilastres ;
- sera aussi fait une grande porte semblable à celle des séculiers dans la croisée en face, et qui devrait être en pierre de taille s’il était possible ;
- seront faites dans un des côtés du fond de la croisée, vis-à-vis de la chapelle, deux portes de trois pieds de largeur sur sept pieds de hauteur et d’environ quatre pieds d‘épaisseur qui devraient être aussi en pierre de taille ;
- seront faits les murs de la cage des archives de deux pieds d’épaisseur sur environ vingt-quatre………
--- 429 D ---
……… pieds de hauteur et vingt pieds courants en longueur ;
- sera fait le noyau des marches de six pieds et demi de longueur sur huit pieds d’épaisseur fermé en deux arcs par-dessous pour conserver le vide nécessaire, au-devant du confessionnal extraordinaire ; seront faites vingt-deux marches de neuf pouces de plan et de deux pieds et demi de longueur aussi bien que les repos ou plateformes, ladite cage sera percée de quatre portes et quatre fenêtres ; [ ?1] voutes seront construits les murs des archives de trois pieds d’épaisseur, percés d’une porte et deux fenêtres, de même que les confessionnaux ordinaires au-dessous, et [ ? même mot que 1] voutes dessus et dessous.

Après le sanctuaire, les lieux "de vie" :

Sera faite une porte de quatre pieds sur neuf de hauteur, pour [roiguer ?] de là au chapitre, et deux teppes chacune avec leur fenêtre, et auront environ cinquante pieds courants sur dix pieds de hauteur y compris celle des sacristies ;
- seront faits les murs du chapitre de trois pieds d’épaisseur sur quinze à seize pieds de hauteur, et contenant quarante pieds courants percés de trois fenêtres de quatre pieds de large sur neuf pieds de haut, et d’une porte de même, mais [cintrées ?] par-dessus ledit chapitre sera de plus voutée et élevée de vingt marches au-dessus des confessionnaux ordinaires et donnant au chœur des Dames, et aura vingt pieds de longueur sur seize de largeur ;
- le mur de la cage d’escalier joignant sera de deux pieds d’épaisseur et contiendra environ trente neuf pieds de hauteur pour trois étages ayant vingt-trois marches ;
- pour celles du cloître, et trente marches pour celle du premier dortoir, et vingt-six pour le second, avec deux portes aux deux premiers étages et une au troisième, et percé à chaque étage de deux fenêtres semblables au premier ; les deux rampes auront quatre pieds et cinq pouces de largeur, et les marches de dix pouces de plan, et le noyau huit pouces d’épaisseur, sur environ dix pieds de longueur, avec le dessus des plafonds vouté.

Abbaye cistercienne de femmes du Betton - côté est - Photo A.D./CCAcôté est

Sera fait une porte-fenêtre de trois pieds sur sept de hauteur depuis le dortoir pour  [roiguer ?] le jour à la cour, une porte au-dessous pour y [ ?] du cloître ; seront placées trois marches à la porte de l’escalier pour descendre dans le premier dortoir, de même qu’à la porte de la cour de [ ?], d’où l’on descendra semblablement dans la nef des séculiers à l’endroit de la porte du  [roiguation ?] sera faite la porte du chœur de quatre pieds de large sur neuf de hauteur ; seront aussi faites quatre portes de trois pieds de large sur sept de hauteur pour [roiguer ?] audit lieu par l’escalier, le chapitre, les corridors et le clocher dans lequel sera pratiquée au-dessus de la première voute un escalier tournant pour monter à la tribune des orgues, et un corridor supérieur qui conduira à la sacristie d’en haut au-dessus de la sacristie des prêtres, laquelle sera de niveau au pavé de l’église des séculiers, et celui des Dames sera de niveau de leur chœur.

Deux niveaux, une sacristie pour les prêtres, une sacristie pour les religieuses.

Les murs de la sacristie entre le portail et le clocher de trente-huit pieds courants sur environ trente pieds de hauteur et deux pieds d’épaisseur ou plus selon [ ?] à cause des voutes de la sacristie, sera fait [un mur ?] depuis l’angle desdites pièces jusqu’au mur de l’église en face du clocher afin de conserver le jour des soupiraux de la cour ; pour cet effet, sera appuyé un deuxième contre le précédent pour soutenir [ ?] du corridor qui sera percé d’une fenêtre à chaque étage et les sacristies en auront le vis-à-vis de trois pieds de large sur sept pieds de hauteur ; sera fait audit clocher des portes cintrées pour  [roiguer ?]………
--- 430 G ---
……… au susdit corridor à chaque étage, de même que les fenêtres d’intervalles à autres demi [tour ?? hauteur ?] et une porte audit clocher au niveau du cloître d’environ trois pieds de longueur sur sept pieds de hauteur .

Précisions techniques
Seront dûment construits à dire d’expert et des gens de ce connaissant, toutes les fondations et murs [ ?] mentionnés ci-dessus et [ ?1] en pierres brutes bien liés et alignés et à plomb au-dedans avec les retraites nécessaires observées au-dehors, avec son [ ? 1] sur tant les angles et encoignures, seront construits des plus grosses pierres posées le plus de niveau que faire se pourra, et de plus frappé au marteau et la pente du [ ? 1]  sera réduite à deux pouces d’inclinaison sur chaque tiers du [ ?], seront construites les voutes grandes ou moyennes de pierres plates ; pour celles des chœurs et autres voutes moyennes au-dessus et toutes les autres en tuf, [ ? 1] bien arrangé au [ ?] et bien pressé sur le [cintre ?] de même que les arcs doubleaux mentionnés,  tant ceux dessous du dôme que ceux au-dessus des pilastres ; seront tous les susdits murs et saillies gippés (gypsés ?) et blanchis au-dedans aussi bien que les portes et fenêtres, œils-de-bœuf, excepté les endroits des chapiteaux, corniche, architrave, arc [ ?] impostes et autre moulure semblable, aussi bien que sous la calotte et lanternin, lequel sera construit de brique, d’environ un pied d’épaisseur, de même que les quatre contreforts de trois pieds de saillie par le bas, et neuf pouces par le haut sur un pied d’épaisseur, avec la corniche qui couronnera ledit lanternin dont la calotte sera faite de tuf ; seront néanmoins blanchis toutes lesdites calottes et surtout les voutes et arcs doubleaux, généralement tout l’intérieur de l’église et gypsé de même, et crépi partout au dehors et [1?] suivant les conventions faites pour les susdites parties portées par contrat de prix-fait ci-devant passé, reçu par ledit notaire des an et jour y contenu, à raison de vingt-deux florins la toise sur lequel pied seront payées la diminution et augmentation desdits murs et maçonneries des fondements, tant seulement qui seront compensés de proportion, et [ le tout ? 1] sans préjudice des diminutions, retraites et inclinaison au [talus ?] requis dans l’élévation des murs jusqu’au [ ?] sur lesquels il se sera rien diminué de la valeur du toisé qui sera composé de huit pieds mesure de Chambre, sans qu’il  soit rien augmenté au prix des voutes grande ou moyenne de ladite église et de la dépendance mentionnée au présent contrat.

Le contrat  - hélas, le prix n'est pas mentionné !

Tout lequel susdit ouvrage ci-devant mentionné ledit honorable Jacques Chesaz ici présent et acceptant pour lui et les siens,
- promet rendre fait et parfait et à [dite] de maître architecte et conformément au nouveau dessin qui ici a été [ ?] remis, dans quatre ans prochains courant, à peine de tous dépens, dommages et intérêts, à l’obligation des biens présents et à venir, qu’à ces fins il se constitue tenir par ses foi et serment prêté,
- payable le susdit travail à proportion que ledit maître Chesaz fera le susdit ouvrage, par ladite Révérende Dame, aux même obligations et clauses de constitut que dessus, sous les conditions suivantes, savoir : que ladite Révérende sera obligée de fournir audit Chesaz tous les matériaux requis et nécessaires pour le susdit ouvrage comme chaux, sable, pierre, bois pour les [ponts] et toutes les ais nécessaires pour iceux aussi bien que pour les [cintres] nécessaires pour iceux, à faire pour toutes les voutes de ladite église que ledit Chesaz sera obligé de faire à ses frais et dépens ; de plus, la Révérende Dame sera obligée de faire porter tous les bois requis pour les teppes et faire dans icelle [ ?] ………
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………seulement, à l’exception des cordages que ledit Chesaz sera obligé de [fournir ?] et sera de même obligé de fournir audit Chesaz tous les clous et fers qui seront aussi de besoin pour ladite église, fera de même creuser toutes les fondations des murs de ladite église ; et les dépendances à ses frais et dépens, jusqu’au [solide ? solin ?] et ne le pouvant trouver, ledit Chesaz sera obligé de [ pilotter?] , ou il sera du besoin à ses frais et dépens en fournir [ ?? ??] sans les bois et pilotis nécessaires pour ce fait,
- et en cas que la susdite Révérende Dame ou le sieur de la [Mouce ?] architecte trouve à propos de faire quelques changements auxdits ouvrages, tant pour les dimensions que pour les matériaux, seront faites sans [ ?] dudit entrepreneur, mais en conséquence des clauses du présent contrat, et [ ?1] ainsi convenu et arrêté entre les susdites parties qui ont le présent promis observer chacun en ce qui le concerne de point en point selon sa forme et teneur aux peines de tous dépense, dommages et intérêts, et à l’obligation ledit Chesaz de tout et un chacun de ses biens, et ladite révérende Dame des biens de ladite Abbaye qu’elles se constituent respectivement tenir par leur foi et serment prêté chacun en sa [ ?? ??] renonxxx et clauses requises.

Fait et passé au Betton, au parloir d’icelui, en présence de Me Guillaume Canard bourgeois de St-Jean de Maurienne, et de Claude fils de feu Jacques [Signau] de la paroisse de la Trinité, témoins requis, ledit  [Signau] témoin illétéré, de ce enquis, et lesdites parties et l’autre témoin ont signé sur la minute de moi, notaire royal soussigné, recevant requis, qui ai le présent [levé] pour l’office du Tabellion d’Aiguebelle, et payé droits d’icelui,

Tardy notaire

(remarque : on voir aussi apparaître un Tardy menuisier plus haut dans le même registre : celui-là fit les charpentes)

Recherche et transcription A.D.


Notes
1- ADS - Bureau du Tabellion d’Aiguebelle – 1715 – 2C 2102, F°675 et suivants ( II-p.285 /405)
2"contre" n'a rien de péjoratif dans cet emploi juridique : il sépare les deux parties, sans les dresser forcément l'une "contre" l'autre.
3- Voir tableau des mesures ci-dessous
4- ardouble ? Ardoubler = redoubler

Il est difficile de donner la valeur métrique précise des unités employées en Savoie, variables d'une vallée à l'autre !
Approximativement :
1 Pouce = 0,027m (2,7 cm)
1 Pied de Chambre = 0,339m  (pour le Cadastre savoyard) : mais le Pied-de-Roi français = 12 pouces = 0,325 m
1 Toise de Savoie = 8 pieds de Chambre = 2,7m


Source
ADS - Bureau du Tabellion d’Aiguebelle – 1716 – 2C 2103  F°397 et suivants ( p.428 /596)
 

la rente d'une nonne

Au fil des actes passés par l'Abbaye du Betton, on observe l'origine noble des religieuses ; elles étaient par ailleurs peu nombreuses (une douzaine) ; mais des demoiselles "de moindre extraction" - les converses - les entouraient, et se chargeaient des divers travaux.
De quoi vivaient ces dames ? Des revenus de l'Abbaye, bien pourvue en terres de rapport, cultivées par les paysans locaux ; mais aussi des rentes que leur constituaient leurs familles.
Voici justement un "traité " passé en 1697 entre une religieuse et son frère.

Traité entre noble Gaspard Reveyron conseiller de SAR et Sénateur au Sénat de Savoie
et Rde Dame Marguerite Reveyron religieuse professe de l’abbaye du Betton sa sœur

Comme ainsi soit que feue Dame Catherine Vulliet Delasaunière ait, par son textament, légué à Rde Dame Marguerite Reveyson sa fille religieuse professe de l’abbaye du Betton une pension viagère de soixante florins et institué son héritier universel noble Gaspard Reveyron Conseiller de SAR et Sénateur au Sénat de Savoie, son fils, auquel la Rde Dame Abesse a demandé le paiement de ladite pension pour ladite Dame Reveyson.
À quoi ledit Seigneur Sénateur  Reveyron a répondu que l’état de l’hoirie de ladite Dame sa mère chargé de plusieurs dettes et embarrassé d’une réduction de compte des tutelles ( ?) en faveur de noble Jacques Reveyron son fils, lui faisait suspendre le dessein d’addir* ou répudier son hoirie ; et a d’ailleurs représenté à ladite Dame Abbesse que la Dame sa sœur avait une suffisante pension qui était de dix ducatons dont il avait même donné le capital en faveur de ladite Abbaye qui en profiterait pour toujours.

Ce qu’ayant été considéré par ladite Dame, elle a fait connaître audit Seigneur Sénateur Reveyron que ces considérations l’engageraient quand il serait héritier pur et simple de sa mère de se contenter de reste six florins de pension viagère en diminution desdits soixante légués, pourvu qu’il voulût s’engager à les payer annuellement à la Dame sa sœur qu’il addit l’hoirie de sa mère et qu’elle ne fût pas obligée de s’adresser à qui que ce soit que lui et qu’en faveur dudit Seigneur Sénateur Reveyson qui s’est bien voulu charger encore de ladite pension en faveur de ladite Dame sa sœur, et à ces fins ont les parties traité comme s’ensuit…

Pour ce est-il que ce jourd’hui vingt-deux août mil six cent nonante-sept par devant moi notaire ducal soussigné, et présents les témoins bas nommé, s’est personnellement établi et constitué ledit noble Gaspard Reveyron Sénateur au Sénat, lequel de gré pour lui et les siens promet par serment de payer de pension viagère à ladite Dame Marguerite Reveyron présente et acceptante de l’autorité de Rde Dame Marguerite Lucas Dallery Abbesse dudit Betton ; à savoir, la somme de trente-six florins** annuellement et ainsi à continuer sa vie naturelle durant ;  le premier paiement commançant  d’aujourd’hui en un an, à peine de tous dépens, dommages, intérêts, et sous l’obligation de tous ses biens qu’il se constitue devoir.

Et moyennant ce, ladite Dame Reveyron, de l’autorité que dessus, s’est départie ainsi qu’elle se départ du legs à elle fait par sadite mère par son testament du premier août mil six cent huitante-sept, lu par les parties ; et c’est en faveur dudit Seigneur Sénateur Reveyron et des siens aux promesses que ladite Rde Dame abbessse et ladite Dame Reveyron font par serment de ne rien demander dudit legs moyennant le paiement annuel de la susdite somme de trente-six florins, au terme susdit, sa vie naturelle durant, faire ni permettre être demandé en jugement ni dehors, à peine de tous dépens, dommages, intérêt et sous l’obligation des biens de ladite Abbaye qu’elle se constitue tenir, ayant ladite Rde Dame Abbesse reconnu que ledit Seigneur Sénateur Reveyron sera dûment libéré par une quittance de ladite Dame Reveyron sa sœur que ladite Dame Abbesse autorise à ces fins, ledit département encore fait moyennant les déclarations que ledit Seigneur Sénateur Reveyron fait (présentement?) d’addir l’hoirie de madame sa mère et ainsi sous et avec toutes autres dues permissions par foi et serment prêtés d’onserver le (présent?) chacun en ce qui les concerne, et de n’y contrevenir directement ni indirectement, à peine de tous dépens, dommages, intérêt, sous l’obligation de leurs biens qu’ils se constituent tenir respectivement et autres clauses requises.

Fait et passé dans ce monastère du Betton en présence de François fils de Philibert Moiroux (du) mandement d’Yenne, serviteur dudit Seigneur Reveyron ; et de Georges fils de feu François Raudet de Villard-Léger, témoins requis, signé sur ma minute Lucas Dallery, Abbesse du Betton, Marguerite Reveyron, Reveyron (… la rature ?) et non les témoins pour être illettrés, de ce enquis, et moi, Claude Savey, notaire d’Hauteville habitant à Chamoux soussigné, recevant requis, qui ai le présent (écrit ?) sur ma minute pour l’office d’insinuation d’Aiguebelle, et ai tabellionnement signé

Cl. Savey

août 2014. Recherche et transcription : A. Dh.


Source
ADS en ligne, Tabellion d'Aiguebelle 1697 - (2C 2068) F° 528 (II- p.171 G / 388)

Remarque :
comme dans tous les textes transcrits ici, la ponctuation est ajoutée : les notaires écrivaient "au kilomètre" ; l'orthographe est généralement actualisée : on peut consulter l'original, dont la source est indiquée ci-dessus.

Note
* addir l'hoirie (plus souvent écrit : adir) : accepter l'héritage
** 36 florins annuels : dans l'acte qui précède celui-ci dans le registre du Tabellion, une petite mule de 4 mois est passée "en commande" pour 70 florins.
Une vache pouvait coûter 90 florins en 1698, à Aiguebelle.
 

Entrées en religion

Voici quelques contrats d'entrée en religion à l'Abbaye du Betton.

1699. Ce premier contrat nous intéresse en particulier pour la liste des religieuses qui accueillent la candidate: la plupart portent des noms de nobles familles, certaines locales. Mais aussi : Marie Pasquier semble entrer parmi un autre groupe de religieuses : les sœurs converses, vouées aux tâches matérielles (quoiqu'en dise l'annonce).

Profession de sœur professe1 d’honorable Marie Pasquier

" Comme ainsi soit que honorable Marie fille de feu honorable Claude Pasquier du village des Pasquiers, paroisse de Gruyère, Canton de Fribourg en Suisse quam … habitant à la Cassine de Tamié
- aurait* prié les Dames Abbesse2 Prieure3 et Religieuses du Monastère du Betton,
- savoir : Dame Marguerite Lucasse Dallery (sic), Marie de Menton du Marest prieure, Claunis Octavie Allexandre, Barbe Franc, Bernardine de Menton de la Baline, Phillipine Roberty, Jeanne de Ste Hélaine, Jeanne Françoise Caller, Victoire de Menton de Gruffy, Anthoinette de [Navelle], Marie Manuel, Catherine de la Place, et Marguerite Reveyron,4
- composant la Communauté de la susdite Abbaye,
- de la vouloir recevoir sœur converse5 dans leur dit couvent et monastère,
- à quoi lesdites Dames Abbesse Prieure et religieuses auraient consenti aux pieux dessein et volonté de ladite Marie Pasquier, ayant même considéré dès qu’elle a demeuré dans leur dit monastère, sa probité, fermeté et pieux dessein ;
- à cette cause, ce jour d’hui, neuvième janvier mil six cent nonante neuf, par devant moi, notaire ducal soussigné, et présents les témoins bas nommés, se sont établis personnellement les susdites Dames Abbesse Prieure et Religieuses du Couvent et Monastère dudit Betton, lesquelles de leur gré pour elles et leurs successeresses inclinant aux bonnes volontés et pieux dessein de ladite Marie Pasquier ont icelle reçue et reçoivent au nombre de sœur converse professe audit monastère, ici présente et acceptant et très humblement remerciant lesdites Dames Abbesse Prieure et Religieuses,
- et par ces mêmes présentes s’est établie personnellement ladite Marie Pasquier, laquelle de son gré et bonne volonté a donné et donne par donation pure et simple et à jamais irrévocable, faite entre vif et à jamais irrévocable (sic) auxdites Dames Abbesse Prieure et Religieuses dudit Couvent du Betton, la somme de quatre cents florins qui lui ont été légués par honorables Claude Pasquier et Madeleine … ses père et mère pour toutes prétentions qu’elle pourrait avoir dans leur hoirie, et c’est conformément au testament par eux fait le quinzième juin mil six cent nonante deux, reçu et signé par M° [Cacher] notaire,
- laquelle susdite donation ladite Pasquier a voulu faire en considération de ce que les susdites Dames ont bien voulu la  garder dans leur dit Monastère pendant l’espace de trois ans sans qu’elle ait payé aucune pension,
- et laquelle susdite somme de quatre cents florins a été présentement et réellement comptée, nombrée, et délivrée par honorable Claude Pasquier tant à son nom que de Jean et Théodule … moi notaire pour … stipulant et acceptant en cinquante cinq écus et demi à la palme et une pièce de quatre sols de Roi et par ladite Dame Abbesse retirés au … de ledit notaire, et tenu, dont elle s’en contente, et promet n’en jamais rien demander ni permettre de l’être en jugement ni dehors, à peine de tous dams, et à l’obligation des biens de ladite … présenté et à venir, qu’à ces fins elles se constituent tenir par leur foi et serment prêtés à la forme des ecclésiastiques, ainsi sous et avec toutes dues … promesses, serment comme dessus, soumission, renonciation et clauses requises, fait et prononcé au Betton, dans le Parloir d’icelui, en présence de Noble François Philippe Dvillard de Villardizier paroisse de Chamoux, et de M° Philibert Deglapigny notaire, bourgeois de Chambéry, témoins requis, toutes les susdites Dames parties et témoins ont signé sur la minute de moi, Claude Tardy, notaire ducal, Clerc Juré au [Sénat] soussigné, … requis, qui ai le présent livré pour l’office du Tabellion d’Aiguebelle,

Tardy notaire"

* l’usage du conditionnel peut surprendre : il se rencontre dans certains actes de l’époque avec d’autres valeurs grammaticales que celles que nous connaissons.

8 mai 1708 : voici la profession de foi d'une autre converse, Claudine Gagnère, de Chambéry. On retrouve quelques-unes des nonnes citées en 1699.

… de sœur professe d’honorable Claudine Gagnère

"Comme ainsi soit que Honorable Claudine fille de feu Michel Gagnère de Chambéry aurait* prié les Révérendes Dames abbesse prieure et Religieuses de l’abbaye du Béton, savoir dame Marguerite Lucas Dallery, Marie Dumarest prieure, Clauni… Octavie Allexandry, Bernardine de Manthon de la Balme, Phillipine de Roberty, Jeanne Françoise Callet, Antoinette de [Navette], Marie Duvegié, composant la Communauté de la dite abbaye, de la vouloir recevoir sœur converse dans leur dit monastère,

À quoi les Révérendes Dames abbesse, prieure, et Religieuses auraient consenti aux pieux dessein et volonté de ladite Claudine Gagnère, ayant [même] considéré desquelles … demeuré dans leur dit monatère, sa probité, fermeté et pieux dessein ;
À cette cause ce jourd’hui huitième mai mil sept cent et huit, par devant moi, Notaire Royal soussigné, et en présence des témoins bas nommés, se sont établies personnellement  les susdites Révérendes dames abbesse, prieure et religieuses du couvent et monastère du Béton, lesquelles de leurs grés, pour elles et leurs successeresses inclinant aux bonnes volontés et pieux desseins de ladite Claudine Gagnère [ont icelles] reçu et reconnu au nombre des sœurs converses professes dudit monastère si elle se rend capable, ici présente et acceptant et très humblement remerciant lesdites Révérendes dames abbesse, prieure et religieuses dudit Béton ici présentes et acceptant … la somme de cinq cents florins, monnaie courante le jour que ladite Claudine Gagnère fera profession à peine de tous dépens d’usage et intérêt et à l’obligation de tous et un chacun ses biens présents et à venir qu’à ces fins elle se constitue tenir par ses foi et serment prêté ;
Et c’est en considération de ce, les susdites dames l’ont bien voulu recevoir dans leur dite abbaye, et [en tout point ?] la secourir dans des [infirmités ?] qui lui pourraient survenir dans ladite abbaye, et autres nécessités, et de laquelle somme de cinq cents florins ladite Jacqueline Michaud** en fait donation pure et simple et à jamais … faites entre vifs auxdites dames, aux considérations ci-devant [marquées] au présent contrat ainsi convenu entre les susdites parties, par leurs foi et serment prêté, lesdites Révérendes en leur manière et ladite Michaud les Écritures touchées, soumission, renonciation et clauses requises ;
Fait et prononcé au parloir dudit Beton en présence de Benoît Blanchard, maître matelassier de … et d’andré fils de feu André Orsetde la paroisse de Jarsy en Bauges, témoins requis ;
Signé Sr Marguerite Dallery abbesse du Béton, Sr Marie Demanthon Dumarest prieure, Sr Clonis Octavia Alexandry, Sr Phillipine de Roberty, Sr  …, Sr de [Navette], Sr …, Sr Catherine Delaplace, Sr Marguerite de Roveyron, Sr Marie [Duvegié], Claudine Gagnère, Blanchard témoin, ladite Michaud, et Orset, témoin  illétérés – de ce enquis -, et moi, Claude Tardy, Notaire Royal soussigné, … requis, qui ai le présent levé et expédia pour l’Office du Tabellion, bien que par autre soit écrit,
Tardy, Notaire"

*  Remarque 1 : encore ce curieux emploi du conditionnel.
** Remarque 2 : qui était Jacqueline Michaud ? la mère de Claudine Gagnère ? Quoi qu’en dise le texte «ladite Jacqueline Michaud»  n’est pas identifiée dans le texte.


 

Mais voici, en 1725, la profession de foi d'une religieuse - vieille famille noble, les Sarde de la Forest.
La jeune fille a 17 ans, on l'enferme "pour y vivre et mourir"; elle est pourvue d'une petite dot, mais est dépouillée de tous ses droits d'héritage au profit de papa...

Réception d'entrée en religion de demoiselle
Françoise Vallantine Sarde de Laforest de Chambéry

L'an 1725 et le 29 janvier à neuf heures du matin au parloir du Monastère du Betton par devant moi notaire royal soussigné et en présence des témoins bas nommés comment ainsi soit que :

Demoiselle Françoise Vallantine fille de noble Charles Sarde de Laforest de Chambéry mue, inspiré et … de dévotion de se rendre religieuse en ladite Maison et Abbaye du Betton, Ordre de Citeaux, et résolue moyennant l’aide et assistance … d'y vivre et mourir selon les règles et Saintes Constitution dudit ordre,

ait de l'agrément dudit Charles de Laforest son père, très humblement prié et requis Révérende dame Marie de Menton du Marest abbesse de ladite abbaye et les autres Révérendes Dames Prieure et religieuses dudit Betton vouloir l'admettre et recevoir pour religieuse dans leur dite de maison et communauté et à ces fins lui faire bailler l'habit de nonne et recevoir à la profession avec les cérémonies en tel cas requises, et selon leur coutume, si demoiselle s'en trouve capable.

À quoi ayant incliné et accordé, lesdites Révérendes Dame abbesse, Révérende Dame Marguerite de Reveyron, Prieure, Révérende Dame Philippine de Roberty, Révérende Dame Jeanne Françoise Callet, Révérende Dame Marie de Vigié, Révérende Dame Marguerite Duvillard, révérend de dames Françoise Balthazarde de Bellegarde D…, Révérende Dame Françoise de Reveyron, Révérende Dame Marie-Jeanne Baptiste de Troche, et Révérende Dame Françoise Tr…, Religieuses de l'abbaye composant ladite communauté d'icelle, et après s'être capitulairement assemblées au son de la cloche à la manière accoutumée, de leur gré pour elles et leurs successeuresses, ont ladite Demoiselle Françoise Vallantine Sarde de Laforest, requérante reçue et admise comme par ces présentes elles l'admettent et reçoivent pour religieuse dudit Saint et Sacré ordre de Citeaux en leur dite maison et abbaye du Betton, et promettent à ces fins lui faire bailler l'habit de nonne en tel cas requis et accoutumé au premier jour.

En conséquence de quoi s'est établi en personne ledit noble Charles fils de feu noble Claude-Louis de Laforest de Chambéry, père de ladite demoiselle requérante, lequel de son gré, en considération de ladite réception, et pour [effectuer ?] la bonne [volonté ?]  et dévotion qu'il a toujours eues à l'endroit de ladite abbaye du Betton, la somme de 1260 livres, lesdites Révérendes Dames abbesse, prieure et religieuses acceptantes pour elles et leurs successeuresses, que le dit noble Charles Sarde de Laforest promet pour lui et les siens payer lorsque ladite demoiselle sa fille fera profession tant seulement, et non autrement [d’ailleurs ?] le dit noble Charles Sarde de Laforest promet de ladite demoiselle sa fille lui payer annuellement sa vie naturelle durant, pour son vestiaire, la somme de 60 livres payable et portable à la présente abbaye du Betton après la profession, à commencer le premier payement l'année prochaine suivant ladite profession, et à tel jour qu'elle se trouvera l'avoir faite ;

comme ainsi ledit noble Charles Sarde de Laforest promet payer la pension du noviciat de ladite demoiselle sa fille et de lui fournir tous les habits, linges, ameublement et autre chose accoutumées de donner et fournir aux religieuses du Betton lors de leur profession et réception ;

le tout à peine de tous dépens, dommages, et intérêts et sous l'obligation de tous et uns chacun sses biens présents et à venir, qu'à ces fins il se constitue tenir ;

lesquelles Révérendes Dames abbesse, prieure et religieuses protestent qu'en cas de désordre de guerre et autres inconvénients qu'il pourrait arriver à ladite abbaye qu'elles fassent contraintes de … et s'… , qu'icelle demoiselle requérante puisse s'en aller avec son dit père ou ses héritiers, ses biens tenants pour y être nourries (sic) et être tenues (sic) honorablement selon sa condition ;

moyennant ce, icelle demoiselle requérante ici personnellement établie de son gré et bonne volonté, en cas qu'il plaise au tout puissant qu'elle vienne à faire profession en la Sainte dite Religion, et dès à présent comme pour lors, audit cas à céder, quitter et … et renoncer purement et simplement et à jamais irrévocablement en faveur de son dit père ici présent et acceptant tout droit personnel, maternelle, fraternel, sororinel, augment légitime et autres généralement quelconques qu'elle ait de droit et pourrait avoir, en quoi qu'ils soient et puissent consister, sous aucune réserve, et c'est avec serment par elle prêté ;

et d'autre côté s'est aussi personnellement établie et constituée Dame Félise, fille de feu noble Charles Salteur Sénateur au Souverain Sénat de Savoie, veuve du seigneur Procureur général Chollet, laquelle de son gré pour elle et les siens, en considération de l'amitié qu'elle a toujours eue pour ladite demoiselle Françoise Vallantine Sarde de Laforest sa petite-fille, elle lui a promis et promet de lui payer pendant sa vie naturelle durant de pension pour augmentation de son vestiaire la somme de 20 livres payable et portable par ladite Dame Salteur ou les siens en la présente abbaye du Betton à tel jour qu'elle se trouvera avoir fait profession, à commencer le premier payement l'année prochaine suivant ladite profession, et à quel jour qu'elle se trouvera l'avoir faite,

à peine de tous dépens, dommages et intérêts, et à l'obligation de tous et uns (sic) ses biens présents et à venir qu'à ces fins elle se constitue tenir par son serment prêté aussi par les parties respectivement convenu avec et sous toutes autres dues promesses par leur foi et serment prêté, lesdites Révérendes Dames en leur manière, et ladite Dame Salteur, Noble Charles Sarde de Laforest et la demoiselle sa fille les écritures touchées, après avoir renoncé à tous droits, lois et moyens contraires et clauses requises ;

Fait et prononcé audit Betton, au parloir d'icelui, en présence de Noble et Spectable Pierre-Antoine Chollet, avocat au Sénat, Conseiller et Bourgeois de Chambéry, de noble Joseph Sarde Seigneur de la Thuillie et de Révérend Dom Marc de la Roche aumônier de ladite abbaye, témoins requis.

Les susdites parties, les Révérendes Dames et témoins ont signé sur la minute de moi notaire royal soussigné, recevant requis, qui ai le présent écrit sur la minute (…) et ai le présent expédié pour l'office du Tabellion d'Aiguebelle et payé le droit d'icelui.

Tardy notaire

Notes :

Relevé chez De Foras
Claude-Louis Sarde de la Forest baptisé le 2-8-1645, filleul de Dom Louis de Savoie, conhéritier universel de son père, épouse Delle Félicie Salteur fille de Charles-Henry (contrat de mariage le 14-10-1674, et meurt le 4-8-1675. Le 28-3-1676, Félicie, veuve, demande et obtient la désignation d'un tuteur à gages pour Charles-Henry.
Félicie (ou Félise) Salteur épouse en 2èmes noces Étienne Chollet, conseiller d'État (contrat dotal 23-1-1678)
C'est la grand-mère que nous croisons dans ce document.

Ne Charles Sardoz de la Forest, Chambéry, leur fils, est né posthume (baptisé le 11-9-1675 et mis en tutelle le 28-3-1676). Il épouse Delle Marie-Madeleine de Bovet (dont il n'est aucunement question dans l'acte ci-dessus!), fille de Ne Jean-François, lui-même fils de Ne Jean de Bovet, écuyer, conseiller au Parlement. Charles meurt le 12 avril 1753.
Il a eu 12 enfants (probablement 5 sont parvenus à l'âge adulte) :

Antoine (baptisé le 29-11-1705), J-François  (baptisé le 26-2-1707), Françoise-Valentine  (baptisée le 15-2-1708), Catherine  (baptisée le 19-1-1709, morte en bas âge), Charles (baptisé le 21-1-1710), Joseph (baptisé le 21-12-1710, mort en bas âge), Madeleine  (baptisée le 27-4-1713), Claudine-Marie (baptisée le 22-5-1714), Catherine (baptisée le 30-4-1715, morte enfant), Joseph  (baptisé le 28-1-1719), Alexis-Joseph (baptisé le 27-5-1723), Jean-Baptiste (baptisé le 22-3-1725)

Françoise Valentine est baptisée le 15-2-1708. Elle entre donc au Betton en 1725, à 17 ans…
Il faut noter, qu’à l’occasion d’un acte au Betton  en1734, on trouve aux côtés de Françoise-Valentine, une Claire-Marie Claudine Sarde de la Forest : donc, deux… filles au couvent ?
Dans un contrat bien ultérieur (1783), on ne trouve plus que Claudine Sarde de la Forest .

 

1734. Cette fois, la famille de la candidate appartient à la haute administration du royaume.

Contrat d’entrée en religion passé entre Les Révérendes Dames Abesse
et Religieuses du Betton et Demoiselle Rosalie Thérèse Margueritte
fille du Seigneur Dom Antoine Petitti6

(On peut s'en étonner : ce n'est même pas le père, grand commis de l'État savoyard, qui signe l'entrée au cloître de sa fille ; il a donné procuration au Comte De Menthon.)

L’an mil sept cent trente-quatre et le vingt un du mois de septembre avant midi, au parloir du Monastère du Betton, par-devant moi, Notaire Royal Collégié soussigné, et en présence des témoins ci bas nommés comme ainsi fait que
- demoiselle Rosalie Thérèse Margueritte fille du Seigneur Dom Antoine Petitti [Chevalier] Commandeur de la sacré Religion des Sts Maurice et Lazare, Général des finances de S.M., inspirée de [dévotion] de se rendre religieuse en la ladite noble maison : l’abbaye de Notre-Dame du Betton, ordre de Cîteaux, [y] résolue moyennant l’aide et [assistance divine] de vivre et mourir selon les règles et constitutions duquel ordre, (…)
- de l’agrément duquel Seigneur son père [a] très humblement prié et requis Révérendes Dames prieure et religieuses dudit Betton, savoir : l’admettre et recevoir religieuse dans leur Maison et Communauté et à ces fins, lui faire bailler l’habit de Nonne et recevoir à la profession avec les Cérémonies accoutumées,
- à quoi ayant incliné et accordé lesdites Dames : Abbesse Révérende dame Marguerite de Reveyron ; Prieure Révérende Dame Marie de Vegié ; Révérende Dame Marguerite DeVillard cellerière et maîtresse des novices ; Révérende Dame Françoise de Reveyron
; Révérende Dame Jeanne-Baptiste de Troche; Révérende Dame Louise-Amédée de Gruel ; Révérende Dame Françoise Valentine Sarde de la Forest ; Révérende Dame Michelle [Pennaz] de la Pallud ; Révérende Dame Jeanne-Marie de St Réal ; Révérende Dame Jeanne-Marie-Louise de St Ange ; Révérende Dame Claire-Marie-Claudine Sarde de la Forest ; la Révérende Dame Anne-Marie de Candie, Religieuses de ladite abbaye, composant la Communauté,7

- [laquelle] après s’être capitulairement assemblée au son de la cloche à la manière accoutumée de leur gré pour elles et leurs [successeresses] ont ladite demoiselle Rosalie Thérèse Margueritte Petitti requérante reçue et (…) comme ces présentes ;
- elles  mettent et reçoivent ladite pour religieuse [selon Règt gl] le sacré ordre de Cîteaux en la leur dite maison Abbaye du Betton, et promettent à ces fins lui faire bailler l’habit de Nonne à l’accoutumée.

Et en conséquence s’est personnellement établi et constitué le Seigneur Gaspard-Marie de feu Seigneur Joseph Bonaud, Comte de [Menthon], Intendant général de Justice polices et finances de S.M. delà les monts, natif de Turin, habitant à Chambéry,
- lequel en qualité de procureur spécialement constitué par ledit Seigneur Commandeur Petitti [convention?] par acte du quinze de ce mois, reçue et signée par Notaire [Mussa] notaire près de Turin, a promis ainsi que par le présent il promet donner  (ce que doit ?) (et par aumône ?) à ladite Royale abbaye la somme de mille deux cent soixante livres de Savoie,
- lesdites Révérendes Dames abbesse prieure et religieuses acceptant pour elles et leurs [successeresses]
- payable cependant ladite somme de mille deux cent soixante livres lorsque ladite Demoiselle Petitti fera profession tant seulement, et non autrement.8

- En outre, ledit Seigneur Comte Bonaud en sa dite qualité de procureur promet à ladite Demoiselle Rosalie Thérèse Margueritte Petitti ici présente, et acceptant de lui payer annuellement [faire naturelle Durand] pour son vestiaire la somme de soixante livres payable et portable en la présente abbaye de Betton après sa profession [repartilement ??] par semestre et par (…) à commencer du jour de ladite profession,
- (…) de payer la pension du nominal de ladite demoiselle Petitti, et de lui fournir, tous les habits, linges, ameublement et autres choses accoutumées, de donner le (…) aux Religieuses du Betton lors de ladite profession et réception le tout, aux peines de tous dépens, dommages, intérêts, et sous l’obligation de tout et un chacun les biens présents et à venir du Seigneur commandeur Petitti qu’à ces fins, ledit Seigneur Comte Bonaud se constitue tenir en vertu du pouvoir à lui donné par la procuration sus désignée,
- protestant lesdites Révérendes Dames abbesse prieure et Religieuses qu’en cas de désordre de guerre et autres inconvénients qui pourraient survenir à ladite Royale abbaye qu’elles fussent contraintes de [s’absenter] et [se retirer], qu’en ce cas icelle demoiselle Petitti puisse s’en aller avec son dit père, ou ses héritiers, [les biens] tenants pour y être nourrie et entretenue honorablement selon sa condition,
- et tout ce que dessus promis respectivement observer, aux peines de tous dépens d’usage, dommages, intérêts et obligation de biens, savoir :
- lesdites Révérendes Dames abbesse prieure et Religieuses de ceux de ladite abbaye ;
- et ledit Seigneur Comte Bonaud de ceux dudit Seigneur Commandeur Petitti, qu’ils se constituent respectivement tenir sous toutes [que dessus] promesses, soumissions et clauses requises.

Fait et prononcé audit lieu en présence de Messire Pierre Louis de Lescheraine, Marquis des Bauges ; du Seigneur [Guy] [Ignace] Comte de [Brandra] ; de noble Benoît (Jérôme ?) de Montfalcon, de Collombet, tous résidents de la ville de Chambéry, témoins requis"


1783. Cinquante ans ont passé. Quelques nonnes sont toujours là. Ce même jour de juin, deux jeunes filles entrent en religion : on voit qu'elles demeuraient déjà à l'abbaye…  l'une d'elle avait peu d'espoir de se marier "dans sa condition", l'autre aurait dû compter sur une aide familiale. Dur…


Contrat d’entrée en religion dans l’ordre de Citeaux Abbaye du Betton
de demelle Geneviève de Lannoy,
à l’acceptation des dames de ladite abbaye - £ 1500.0.0

L’an mil sept cent quatre vingt et six, et le vingt-quatre du mois de juin après-midi au Betton dans l’un des parloirs de ladite abbaye, par-devant moi, notaire royal soussigné, et en présence des témoins ci-après nommés, il est ainsi que demelle Geneviève fille de feu noble Jean-Marie Louis de Lannoy, native de la paroisse de Bissy, habitante de cette Abbaye, ait pris la pieuse résolution de s’y faire religieuse,
- et la Rde Dame abbesse et les Rdes Dames Religieuses d’icelle ayant déterminé de la recevoir, et s’agissant avant la prise d’habit de régler les articles de son entretien en religion, à ces fins, se sont personnellement établies et constituées Rde Dame Marianne Chollet du Bourget abbesse de cette abbaye, Rdes Dames Jeanne-Louise de St-Ange, Claudine Sarde de la Forêt, Rose-Charlotte Platzaert, Péronne-Andréanne de Blancheville, Charlotte Leblanc, Victoire-Ferdinande de Martinel, Marie-Jacqueline du Bourget, Jeanne-Marie-Marguerite [Dulol], Françoise-Charlotte Devoglans Dubourget, Jacqueline-Françoise d’Hauterive, Marie-Françoise de Charbonneau, Pauline de Coucy, toutes religieuses professes de ladite Communauté ici capitulairement assemblées au son de la cloche à la manière accoutumée,
- ladite demelle Geneviève de Lannoy ici présente pour religieuse du saint ordre de Citeaux en leur dite maison et abbaye du Betton, et à ces fins promis de lui faire donner l’habit de novice à la manière accoutumée
- pour l’entretien et pension de laquelle, lesdites Rdes Dames Abbesse et Religieuses veulent bien, tant pour favoriser les pieuses intentions de ladite demelle de Lannoy, qu’eu égard que la situation de dame Jeanne, fille de feu noble Louis Dessoirier de Lambert sa mère ne pourrait sans gêne contribuer au paiement de la dot d’usage dans cette abbaye, se contenter de la somme de quinze cent livres que lesdites Rdes Dames Abbesse et Religieuses confessent avoir ci-devant reçue de ladite Dame Dessoirier de Lambert en pistoles et monnaie, ainsi qu’elles le déclarent en présence de moi, notaire, et témoins, moyennant laquelle elles promettent, outre l’entretien et tr… accoutumé, lui payer pour ledit capital la pension annuelle et viagère de soixante-dix livres pendant sa vie passée, laquelle ledit capital reste  acquis à cette abbaye, de quoi ladite demelle Geneviève de Lannoye a remercié lesdites Rdes dames abbesse et religieuses,
- à la réserve cependant que s’il arrivait que, soit par guerre, peste et famine, lesdites Rdes Religieuses fussent obligées de s’absenter ou se retirer de ladite Abbaye, ladite demelle de Lannoy devra être reçue chez ladite Dame Dessoirier pour être nourrie et entretenue suivant son état et condition,
- et le tout ainsi convenu et promis observer entre toutes lesdites parties aux peines respectives de tous dépens, dommages, intérêts, sous l’obligation et constitution de tous leurs biens présents et à venir, lesdites Dames se constituant ceux de cette Abbaye en leur dite qualité, et le tous fait et prononcé en présence des Seigneurs Jacques et Maurice Chollet du Bourget, tous deux capitaines au service de Sa Majesté, natifs et habitants de la ville de Chambéry, témoins requis


signé :
geneviève de lannoy                Sr Chollet (écriture à peine lisible) ajout : abbesse du Betton
Sr de st ange            Sr Sarde
(écriture très tremblée)            Sr Platzaert de Sassi
Sr du Bourget
(belle écriture bouclée, ferme)    Sr Le Blanc            Sr de Martinel
Sr d’hauterive                Sr  Dulol
( ?)        Sr Devoglens
Sr de Coucy                                            Dubourget
De Soyrier de Lannoy                                    Maurice du Bourget

Le présent contient deux pages et demie
Simon Mollot, notaire

Entrée en religion 1786

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contrat d’entrée en religion de demelle Françoise de Meure de Coucy,
dans l’ordre de Citeaux, Abbaye du Betton à l’acceptation
des Rdes Dames Abbesse et Religieuses de ladite Abbaye - £ 1320.0.0

L’an mil sept cent quatre vingt et six, et le vingt-quatre du mois de juin après-midi au Betton dans l’un des parloirs de ladite Abbaye, par-devant moi, notaire royal soussigné, en la présence des témoins ci-après nommés, il est ainsi que demelle Françoise fille de noble Jean-Baptiste de Meuret de Coussy, native de la paroisse de S ???, habitante actuellement de cette Abbaye, ait pris la pieuse résolution de se faire religieuse dans cette Abbaye,
- et les Rdes Dames Abbesse et Religieuses de cette Abbaye ayant déterminé de la recevoir, et s’agissant avant sa prise d’habit de régler les articles de son entretien en religion, c’est pourquoi se sont personnellement établies et constituées Rde Dame Marianne Chollet du Bourget abbesse, Jeanne-Louise de St-Ange, Claudine Sarde de la Forêt, Rose-Charlotte Platzaert, Péronne-Andréanne de Blancheville, Charlotte Leblanc, Victoire-Ferdinande de Martinel, Marie-Jacqueline du Bourget, Jeanne-Marie-Marguerite [Dulol], Françoise-Charlotte Devoglans Dubourget, Jacqueline-Françoise d’Hauterive, Marie-Françoise de Charbonneau, Pauline de Coussy, toutes religieuses professes de ladite Communauté ici capitulairement assemblées au son de la cloche à la manière accoutumée d’une part, demelle (sic),
- lesquelles ont par le présent admis et admettent ladite demelle De Meuret de Coussy ici présente pour religieuse du St ordre des Citeaux en leur dite maison et abbaye du Betton, promettent à ces fins de lui faire donner l’habit de novice à la manière accoutumée
- et pour favoriser les pieuses intentions d’icelle, a comparu demelle Jeanne, fille de feu noble Melchior de Martinel, native et habitante de la ville de Chambéry, qui m’a déclaré être majeure de vingt ans et libre de ses droits, laquelle ensuite de la commission qu’elle a de dame Josephte-Marie de Carpinel, veuve de noble Jacques Melchior de Carpinel, sa mère, qui veut bien satisfaire aux conditions ci-après, de l’argent qui lui a été remis par un parent de ladite demelle, a promis et promet à cette abbaye à titre de pur don et aumône, la somme de mil deux cent soixante livres, outre la sonne de soixante livres pour être employée en ornements à l’église, lesquelles deux sommes, ladite demelle Jeanne de Martinel, au nom de sa mère, promet payer à cette abbaye le jour de la profession, pour regard de laquelle promesse elle fait sa cause et cas propre ;
- car, cas avenant que l’obligation qu’elle contracte par le présent ne soit pas valide suivant les, lois et que les sommes susdites ne soient pas payées lors de la profession, il sera libre auxdites Rdes dames abbesse et religieuses de la suspendre jusques au payement, pour regard de la pension viagère d’usage dans cette abbaye, ladite demelle retirera celle dont le Roi l’a bien voulu favoriser.
- Ladite demelle De Martinel déclarant outre que ladite dame de Carpinel sa mère se charge de faire à ladite demeure de Coussy les habits […] et autres choses accoutumées pour les professions de religieuses,
- le tout ainsi convenu aux peines respectives de tous dépens, dommages, intérêts, sous l’obligation et constitution de tous leurs biens présents et à venir, et le tout fait et prononcé en présence des Seigrs Jacques et Maurice Chollet du Bourget, capitaines au service de Sa Majesté, tous deux natifs et habitants de la ville de Chambéry, témoins requis

signé :  
Franceline de Coucy de Meuret
sr Chollet abbesse du Betton (écriture toute d’une même main)
Sr De Saintange            Sr Sarde (écriture très tremblée)            Sr Platzaert de Sassi
Sr de Blancheville             Sr Le Blanc        
Sr de Martinel        Sr du Bourget
(belle écriture bouclée, ferme)    
Sr  Dulol
( ?)        Sr Devoglens
Sr d’hauterive            Sr de Charbonneau    
Sr de Coucy                                Jeannette de Martinel
Dubourget    Maurice du Bourget
Le présent contient deux pages deux tiers d’autre
Simon Mollot, notaire

Entrée en religion au Betton 1786

déc 2012 - mars 2015 - Recherche et transcription A.Dh.


Notes
1- professe : après une période de "noviciat", la sœur professe a prononcé ses vœux de pauvreté, chasteté et obéissance.

2- abbesse : elle est - en principe ! - élue par la communauté pour prendre la tête d'e l'abbaye. (la question de la nomination, a posé la question du pouvoir des diverses intances en place : évêché, roi…)

3- prieure : elle est élue par la communauté pour seconder l'abbesse.

4- on compte donc 13 religieuses présentes ayant "voix au chapitre", abbesse et prieure comprises.

5- converse : parmi les religieuses, les sœurs converses n'étaient pas tenues à la stricte obligation de l'office divin. Généralement de formation (ou d'origine) "inférieure", elles s'occupaient des tâches matérielles dans le monastère (pour les hommes, on parle de frères convers ou frères lais). En revanche, les sœurs de chœur se consacraient à l'étude. (Le droit canon de 1983 a supprimé cette distinction.)
Les convers prononcent des vœux "simples", et n'ont pas droit au chapitre.

6- Dom Antoine Petitti, intendant général des finances en Savoie, eut aussi au moins un fils, Victor-Amé, lequel eut pour parrain Victor-Amédée (roi de Sardaigne, qui venait d’abdiquer le 3 septembre 1730 au profit de son fils Charles-Emmanuel III), et pour marraine la comtesse de Saint-Sébastien (épouse toute récente de Victor-Amédée, dite la « Maintenon piémontaise »), lors de son baptême le 12 décembre 1730 : la famille Petitti était donc apparemment bien en cour. (source : Madame de Warens et J.-J. Rousseau: étude historique et critique (Éd. Calmann Lévy, Paris, 1891) par François Mugnier (1831-1904)

7- on compte donc 12 religieuses présentes ayant "voix au chapitre", abbesse et prieure comprises.

8- La question de la dot.
Encyclopédie de Diderot et d'Alembert - Écrit par Antoine-Gaspard Boucher d'Argis (A)   Novembre 1755
DOT ou DOTATION RELIGIEUSE, (Jurispr.) est ce que l'on donne à un monastere pour y faire profession.
La faculté de Paris avoit déjà décidé en 1471, que ces pensions ne pouvoient être reçues que quand le monastere étoit pauvre, & qu'il étoit mieux de ne recevoir aucune religieuse surnuméraire. Denis le Chartreux, de simon. lib. II. tit. j. n'excepte aussi de la règle que les monasteres pauvres.

Au second concile de Milan en 1573, S. Charles Borromée consentit à cette exception en faveur d'un grand nombre de filles de son diocèse, qui, voulant faire profession, ne trouvoient point de places vacantes ; mais il ordonna que l'évêque fixeroit la pension. Cette facilité augmenta beaucoup le nombre des religieuses et les biens des monasteres.
Etc (http://www.alembert.fr/index.php?option=com_content&id=2435589 )


Source
1699 - A.D.S. en ligne : TABELLION AIGUEBELLE - Fo 178 ( I - 211/608)
1708- A.D.S. en ligne : TABELLION AIGUEBELLE - Fo 343 ( I - 382/444)
1725- A.D.S. en ligne : TABELLION D'AIGUEBELLE - cote  2C 2112 - Fo  66 (85/511)

1734- A.D.S. en ligne : TABELLION AIGUEBELLE - Fo 645 ( II - 242/399)
1786- A.D.S. en ligne : TABELLION AIGUEBELLE - cote 6E 11830 (M° Mollot 1786)
1786- A.D.S. en ligne : TABELLION D'AIGUEBELLE - cote 6E 11830 (M° Mollot 1786)

Nouvelle abbesse

1725. Cette fois, voici l'une des religieuses, issue d'une vieille famille de la noblesse, qui se trouve "promue" à la tête de l'Abbaye du Betton, après la mort de Marie de Menton.
On découvre ainsi le rituel de la "prise de possession", dûment constatée par le notaire Tardy.
On voir surtout que c'est le Roi de Piémont-Sardaigne qui la nomme !

Remarque : la typographie est ajoutée, nous espèrons faciliter la lecture du texte original serré, et"au kilomètre", peu ponctué.

Prise de possession d'Abbesse de l'abbaye du Betton
par la Révérende Dame Marie Françoise de Gruel Duvillard

L'an 1725 et le 4 septembre en l'église de l'abbaye de Notre-Dame du Betton de l'ordre de Citeaux au diocèse de Maurienne, au chœur où les religieuses chantent et psalmodient les Divins Offices à quatre heures du soir,
- s'est présenté par devant moi - Claude Tardy notaire royal bourgeois de Chambéry - Révérend Arsène de Jougla, abbé de Tamié, vicaire général et Supérieur immédiat dudit monastère,
- lequel a déclaré que Sa Majesté aurait nommé Dame Marie-Françoise de Gruel Duvillard abbesse dudit monastère du Betton, vacante par le décès de Dame Marie de Menton du Masin, dernière abbesse d'icelui, comme il m'en a été consté* par ses lettres patentes datées de Chambéry le 10 août proche passé, signées Victor-Amédée, et plus bas Mellarède, scellées du grand sceau, par lesquelles le révérend Abbé de Tamié, supérieur immédiat de ladite abbaye du Betton aurait expédié à ladite dame les lettre de confirmation datées de Tamié le 27 août dernier, scellées et signées F. Arsène de Jougla, abbé de Tamié, Vicaire général, et plus bas, F. Étienne Reveyron secrétaire,
- à toutes lesquelles provisions ledit Révérend abbé de Tamié voulant donner effet, a fait assembler au son de la cloche à la manière accoutumée les Révérendes Dames Prieure et religieuses dudit monastère en leur chœur à cet d'usage.

Il a dit et fait savoir qu'il allait mettre à possession de ladite abbaye du Betton ladite dame de Gruel Duvillard,
- c'est pourquoi et étant dans ledit chœur avec lesdites révérendes Dames Prieure et religieuses et le Notaire et témoins ci bas nommés, les volets de la grille ouverts et les portes de l'église extérieure ouverte aux séculiers, ladite révérende dame de Gruel Duvillard assise dans un fauteuil de la tête du chœur, il m'a fait lire à haute et intelligible voix, et [montré] à ladite communauté lesdites lettres et patentes et confirmation, soit institution; et a fait venir devant lui ladite dame de Gruel Duvillard, laquelle s'est mise à genoux, qui ensuite de l'admonestation qu'il lui a faite et à sa communauté sur leurs obligations, lui a fait prêter le serment qui a  dit :
Je, sœur Marie Françoise de Gruel Duvillard nommée par le Roi Abbesse de ce monastère de Notre Dame du Betton de l'ordre de Citeaux, et instituée par Messre le Révérend Abbé de Tamié ici présent, Père et Supérieur immédiat dudit monastère du Betton, jure et promets en bonne foi, que je ne voudrai, donnerai, ni gagnerai, inféoderai de nouveau ni aliénerai en quelque manière que ce soit les biens de mon monastère, sinon dans les cas et comme il est contenu dans la bulle de notre Saint-Père le Pape Benoît XII, Dieu soit à mon aide et ses Saints Évangiles.

Après quoi le dit Seigneur Abbé lui a mis en main les clés dudit monastère, n'ayant pu lui remettre les sceaux d'icelui parce que les révérendes Dames Prieure et Religieuses du monastère ci après signé ont dit et déclaré ne l'avoir pu trouver dans tout ledit monastère, quelques perquisitions qu'elles en aient fait et su faire, ayant déclaré de plus que si elles l’avaient, elles l'exhiberaient et représenteraient à ladite Dame, et que moyennant leurs recherches et bonne volonté, il soit tenu pour de… présent, en priant ladite dame de Gruel, si l'autre ne se peut trouver, d'en faire faire un neuf, afin que le monastère ne reste pas sans sceau, déduisant de plus que la prière qu’elles lui font de faire faire un sceau neuf tiendra et doit tenir lieu de [patente] effectiveBlason des Gruel du Villard (Armorial de Foras) du sceau dudit monastère, la priant encore en attendant que l'autre sceau soit retrouvé ou qu'il y en ait un neuf, de vouloir se servir du sceau des armoiries de la famille de Gruel dont elle est issue,

sceau des Gruel du Villard

Et tout ce que dessus fait et signé, et pour effet de la prise de possession dudit monastère,
- après quoi, le dit Révérent seigneur Abbé de Tamié : ce dit, Je, Arsène de Jougla, Père immédiat de ce monastère par la tradition effective de ses clefs et par la tradition figurative des sceaux de ce monastère, ensuite de la déclaration présentement faite par lesdites Révérendes Dames Prieure et Religieuses de laquelle avons donné acte, nous donnons pouvoir de gouverner pleinement ce monastère au nom du père, du fils et du Saint Esprit,
- et en signe de la prise de possession, l'a fait asseoir en son siège abbatial, lui ayant fait entendre les obligations de la dignité, et encore par la lecture qu'a faite la Religieuse Chantre du second et cinquième chapitre de la règle de Saint-Benoît,
et incontinent après, toutes les religieuses les unes après les autres se sont mises à genoux devant ladite dame abbesse assise, et lui ont fait leurs promesses d'obéissance jusqu'a la mort ;
- après quoi ledit Révérend abbé de Tamié au son des cloches a fait chanter le [Te Deum] en l'action de grâces, et ayant dit les versets et collige**, chacun s'est retiré en paix.

De tout quoi ici dressé le présent procès-verbal que j'ai signé
- en présence de Noble et Révérend Mre Joseph-Auguste de Vidonne chantre et chanoine de la cathédrale de Saint-Pierre de [Genève], de noble Claude Ferdinand de Menton, Seigneur de Solières, capitaine dans le régiment nationale de Tarentaise, témoins requis,
- ledit Révérend Abbé de Tamié, toutes les Révérendes Dames, Abbesse, prieure, et religieuses, avec les témoins et parents, ont signé sur la minute de moi notaire royal soussigné, recevant requis, qui ai le présent écrit sur ma minute (…), et qui ai le présent signé et expédié pour l'office du Tabellion d'Aiguebelle, et payer les droits d'icelui.

Cl.Tardy Notre       

12-2016 - Recherche et Transciption A.Dh.


Lexique
*   conster : constater
** collige : synthèse ? (colliger : Réunir des éléments, des extraits de documents dans le but de réaliser une anthologie, une synthèse; Recueillir, rassembler des éléments de même nature)


Notes
de Foras relève plusieurs Marie-Françoise, et en particulier celle-ci... dont la botice ne cadre pas bien avec notre acte officiel :
MARIE-FRANÇOISE, fille de François de GRUEL religieuse à Sainte-Catherine, puis à Donlieu, (ou autre Marie-Françoise de Gruel), abbesse le 26 mars 1721 (Arch Chuyt) jour où elle reçoit religieuse Jeanne du Fresnoy, assistée de Dame Héléne de Seyssel-Criessieux, prieure ; Dame Maximine de Varembon, Angélique de Montaigre (Marestel), etc
Il relève aussi :
LOUISE-AMÉDÉE, religieuse à Ste-Catherine, puis au Betton, où elle entra en 1729.


Sources
ADS en ligne, Tabellion d'Aiguebelle 2C 2112 F°388 (p.408/511)
 

Visites au Betton

La conduite des nonnes du Betton a donné lieu à bien des commérages. Il faut dire qu'elles étaient souvent placées là par leur famille pour des raisons de convenance personnelle, sans vocation religieuse affirmée.
Qu'en disent les visites de leurs supérieurs ecclésiastiques ?
(Recherche en cours. Par respect du droit des auteurs, nous ne donnerons souvent ici que des extraits, avec les coordonnées des textes trouvés sur Internet, aux bonnes sources si possible : Gallica, Persée…
)

www.abbaye-tamie.com/histoire/histoire-de-citeaux/visite-1486.pdf
extraits

Visite des abbayes cisterciennes de Savoie en 1486*
"Quant au monastère du Betton, des soldats d'escorte, féroces, renvoyés du Piémont par le seigneur duc qui les y avait mandés et parce qu'ils n'avaient rien fait, bien plus qu'ils n'avaient pas reçu leur solde et y avaient perdu leur temps inutilement, se vengeaient sur les voyageurs et surtout sur les ecclésiastiques comme c'est la coutume de tant d'hommes. Puisque nous ne pouvions leur être utiles en rien en raison de leur dureté et de la dureté de ceux qui les soutiennent, nous nous sommes en allés en hâte, sans aller plus loin"
* compte-rendu de l'abbé de Balerne

Visite des abbayes cisterciennes de Savoie en 1516*
Compte-rendu rapide et positif sur l'abbaye du Betton (bonne et maîtresse abbesse [Adélaïde de
Verdun] avec vingt ou vingt-deux religieuses assez bien chantant, mais mal accordant); plus réservé sur Tamié (bon monastère mais les religieux sont "ors et sales").
* Relation de Dom Edme, 41e abbé de Clairveaux.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5722454s

En 1858, Melville Glover publie une étude sur l'abbaye. Il développe en particulier l'histoire des 150 dernières années (jusqu'à la Révolution, où les religieuses furent dispersés), faisant la part des faits et celle des ragots. Bien entendu, le temps a passé, on a trouvé depuis d'autres documents. Mais justement, choses précieuse, Glover cite largement ses sources - en particulier, les "visites". Et les informations apportées sont intéressantes.
Le document se trouve sur Gallica (adresse ci-dessus)
L'abbaye du Beton en Maurienne par Melville-Glover Éditeur : Puthod fils (Chambéry)  1858

Comment résister ? Voici la déclaration de foi de l'auteur dans son avant-propos :
"Que tout Savoyard en fasse autant, et le passé encore sombre de son beau pays s'éclairera d'une pure auréole de gloire, et nous serons fier d'avoir pu porter une modeste pierre à ce monument national."

août 2014. Recherche A. Dh.