1736 Vitres cassées

Le curé Hyacinthe Didier manqua-t-il de chance ? Le voici de nouveau bousculant ses paroissiens pour obtenir des réparations. Il est vrai que les Savoyards ont subi au XVIIIe siècle l'occupation française (jusqu'en 1713), puis l'occupation espagnole (à partir de 1742) : en 1736, ils n'avaient pas un sou de trop pour faire face, quand survenait un incident aussi banal qu'un gros orage ; mais… ils avaient des idées.

Supplique du Curé Didier

A Monsieur le Vicaire et Official Général du diocèse de Maurienne

Supplie humblement Rd Hyactinthe Didier, prêtre curé de la paroisse de Chamoux.

Disant que les vitres de l'église de ladite paroisse ayant été toutes cassée par l'orage qu'il a fait dernièrement, en sorte que les oiseaux, hirondelles et moineaux y vont partout nicher, et font mille ordures sur les autels, pendant la célébration des sacrés mytères, ce que le ministère dudit suppliant ne pouvant plus souffrir après diverses remontrances faites aux paroissiens, lesquels n'auraient fait encore aucunes démarches pour faire réparer lesdites vitres, il recourt à ce qu'il vous plaise, Monsieur, d'ordonner aux paroissiens de faire réparer lesdites vitres dans un mois à peine d'intredit de leur église, et sur ce pourvoir,
Didier, curé

Nous ne connaissons pas la date de ce message. Mais il fut suivi d'effet, puisque les Archives de St Jean de Maurienne gardent cet autre document, joint au précédent :

Exploit du sergent royal, et ses conséquences

(transcription sous toutes réserves !)

S. Monins à la Communauté de Chamoux pour sa réponse
où dans cinq jours me pourra assigner des raisons
fait à Aiton le 17 mai 1736, F. Grassy V.gl et off.

L'an sus écrit et le vingt un mai, par xx en exécution du tout ci-dessus décrit et requête du Rd impétrant ai celui de sergent royal soussigné, certifie [nitibu corpus ?] transporté du Bettonnet ma demeure jusques à la paroisse de Chamoux distant d'environ demi lieue où étant à l'issue de la première messe paroissiale dudit lieu, le peuple y étant dûment assemblé à la manière accoutumée, je me suis adressé à ce devant le ban conduit dudit lieu où étant, je leur ai à ma haute et intelligible voix lu, montré et signifié la présente requête et décret … pour faire aux fins et à forme d'icelui duquel et à la requête et de mon présent exploit et leur ai donné copie du tout et [c'est parlant?] à la personne de M° Joseph [Caylan] en qualité de procureur de ladite paroisse lequel a fait réponse qu'il demande vingt-quatre heures pour faire la réponse,
présents  Pierre [?] du Bettonnet et François Cristin de Montendry témoins requis.

Lesquels ont fait réponse qu'ils sont dans l'impossibilité de pouvoir satisfaire à la demande du [Rd?] ? pour le temps présent, pour être dans la dernière misère par rapport aux impôts tant ordinaires qu'extraordinaires dont ils sont chargés, mais les répondants supplient Monseigneur de bien leur permettre d'employer aux dites réparations la somme de cinquante-trois livres qui sont affectées sur le prieuré de Chamoux, pour le service du prieur et si c'est de son bonté de vouloir supprimer la messe dudit prieur qui est inutile aux communiers qui en ont suffisamment de deux ; cette troisième n'est une que pour déranger les offices divins ; et le revenu annuel servirait pour faire les réparations les plus urgentes à leur église qui est extrêmement pauvre, et que les répondants sont dans la dernière impossibilité d'y pouvoir remédier autrement que par ces moyens.
Donc ils ont l'honneur de représenter à sa grandeur et à monsieur le vicaire et official général à quoi l'on supplie très humblement sa grandeur de faire attention, et de vouloir accorder la demande des répondants qui redoubleront leurs vœux au ciel pour la conservation de sa [pensée?] de laquelle ils sont ??? (ici, deux textes se chevauchent)

Victoire ! Une note suit sur le même feuillet, d'une autre main :

Vu par nous, vicaire général official du diocèse, déclarant la requête et réponse ci-dessus et ayant égard à leur [conserve ?] nous consentons [par ?? de ??]  à la suppression de la 3ème messe que le Rd pasteur du Sr Monins de Chamoux est ?? de faire célébrer annuellement dans l'église paroissiale dudit lieu et par même ?? nous [préconisons?] que la ??? de ladite 3ème messe  ?? ?? et ??? livres annuelles soit appliquée aux plus nécessaires et urgentes réparations de ladite église, et c'est pendant deux années ?? seulement et moyennant le consentement des Rds curé et prieur dudit lieu.
Et en ce cas, nous chargeons les Communaux de Chamoux - soit le procureur qu'elle étblira - de rendre compte à la fin desdites deux années par devant les Rds curé et prieur susdits soit un ?? de la part de ce dernier qui ne ??  pas ?? de [l'application ?] par nous ci-dessus promis
fait au prieuré d'Aiton du vingt trois mai mille sept cent trente six,

ordonnons au surplus que le présent décret et ce qui y est visé soit enregistré au greffe des ? pour y avoir recours au besoin.

FF Grassy Vicaire général et official

Recherche et transcription : A. Dh.


Sources :
Archives de l'Évêché de Maurienne, Bibliothèque diocésaine (Chamoux)