1773 Un vicaire

Le document qui suit est un peu long. Mais il en dit beaucoup sur les relations entre les paroissiens et leurs prêtres, en cette fin du XVIIIe siècle!

1773 : Est-ce la fin de la présence de l'Abbaye St Rambert à Chamoux? Le Prieuré disparut-il à l'occasion de l'abandon piteux du Prieur-Sacristain, Rd Guerraz? Ce dernier, prêtre, assurait des messes à l'église aux côtés du curé, et gérait la rentrée des revenus de l'Abbaye (dîme et autres "fruits"). Et soudain, plus de sacristain!
Eh bien, l'Évêché et le Sénat se trouvèrent d'accord : on n'insista pas auprès de l'Abbé, et on nomma un vicaire pour remplacer le Bénédictin envolé; mais pour subvenir aux besoins du vicaire remplaçant, on se servit sur la dîme!

Car c'était la seule condition de l'évêque : Chamoux devait assumer la dépense.
L'ennui, c'est que dans les conflits qui opposaient le curé à l'Abbaye défaillante sur l'entretien de l'église, le curé avait obtenu de prélever sa part de la dîme!


G Maurienne 38 1767-77 - F° 200 et suivants

Fin 1773

Teneur de requête présentée par les Sindics et Conseil de Chamoux,
aux fins d’avoir un second prêtre

À S.G.1 Monseigneur L’Illustrissime et Révérendissime Évêque de Maurienne et Prince d’Aiguebelle,
supplient humblement très humblement les Sindics et Conseil de la paroisse de Chamoux, disant qu’ils sont en possession d’avoir deux Messes dans leur paroisse, une célébrée par le Rd Curé et l’autre par le prieur - soit: sacristain - qui était entretenu audit lieu par les Révérends Seigneurs Abbé et Religieux de St Rambert.
Le bénéfice de Sacristain étant vacant depuis six mois environ, Rd Guerraz   qui en était pourvu l’ayant abandonné, il se serait pourvu à V.G. pour avoir un second prêtre et par votre Décret du vingt-quatrième avril dernier, mis ensuite de la Sommaire apprise
3 à laquelle il a plu à V. G. procéder sur l’utilité et nécessité d’avoir un second prêtre, soit vicaire, dans ladite paroisse, il a été dit qu’il serait pourvu à un établissement lorsque on se serait procuré les fonds nécessaires pour l’entretien dudit Second prêtre.

Pour se procurer ces fonds, ils ont tiré en instance au Sénat de Savoie tant ledit Rd Curé de Chamoux que lesdits Rds Seigneurs Abbé et Religieux de St Rambert, aux fins d’avoir et obtenir la Saisie de la dîme par le Rd Curé, et des fruits et revenus dépendants du prieuré de Chamoux possédé par lesdits Rds Religieux, que les Suppliants disent et assurent être curé primitif audit lieu, laquelle saisie leur a été accordée par provision par décret du Sénat du dix-huitième, même mois.
Ensuite les Suppliants ont pris dans cette instance des conclusions tendant à ce que l’abbaye de St Rambert fût déclarée tenue de payer par provision au vicaire - soit second prêtre - qui serait établi rière ledit lieu, la somme de deux cent soixante livres pour son entretien, et qu’en conséquence, mainlevée des fruits et revenus dudit prieuré leur fût accordée à concurrence de ladite somme.

Lesdits Religieux de St Rambert ayant offert de payer annuellement ladite somme, mais sous des [gérondifs]4  dont les suppliants ont fait voir l’incivilité, ces derniers se sont pourvus au Sénat par requête ci-jointe du sixième septembre dernier aux fins qu’il lui plût – eu égard aux motifs présents qu’ils ont exposés – leur accorder par provision la mainlevée des fruits et revenus dudit prieuré jusqu’à concurrence de ladite somme de deux cent soixante livres applicable à payer le prêtre qui célèbrera la seconde messe, ou pour mieux dire, la Messe matinière dans l’Église paroissiale de Chamoux, à l’injonction aux débiteurs saisis d’en vider entre leurs mains et entre celles dudit prêtre qui sera établi provisionnellement à ces fins.

Cette requête ayant répondu le même jour d’un décret conforme, [et] donnant cependant les suppliants comme suffisante caution de restituer ce qui aura été exigé en tout ou en partie ainsi et comme il sera ordonné, ils ont satisfait audit Décret ordonnant ladite caution par acte du dixième même mois entre les mains de M° Cabuat, le tout quoi a été notifié au procureur des Religieux et aux débiteurs d’iceux, il ne reste donc plus aux dits suppliants que de se procurer un prêtre.
À ces fins, ils recourent avec confiance à ce qu’il plaise à V. G. en prenant en considération les motifs des suppliants consistant en ce qu’ils sont exposés, soit plusieurs particuliers de la paroisse de Chamoux, de manquer la messe les jours de Dimanche et fêtes, vouloir par un effet de ses bontés ordinaires pour ses ouailles, députer par provision le prêtre qu’il jugera à propos, et l’envoyer audit lieu de Chamoux pour devoir y donner une seconde messe, soit la matinière, à l’heure accoutumée, sous l’offre que font les suppliants de le faire jouir de ladite somme de deux cent soixante livres annuellement, sauf à eux leurs recours ainsi et comme qu’ils verront à faire, ce sera un nouveau motif de dresser leurs vœux au ciel pour la précieuse conservation de la sacrée personne de S. G.
Signé sur l’original : François Brun, Conseiller Député

Notes
1- S.G. : Sa Grâce ou Sa Grandeur – V.G. : Votre Grâce ou Votre Grandeur
2- On sent le sous-entendu dans les évocations du Rd Guerraz. En effet, celui-ci, prieur et sacristain du prieuré de Chamoux pour le compte de l’Abbaye de St Rambert, avait eu maille à partir avec l’Évêché en 1765, au sujet d’une petite fille qu’avait eue sa servante, et dont il assumait (très mal) la mise en nourrice. L’affaire avait été l’occasion d’un conflit de compétences entre l’abbaye et l’évêché. On constate que le Rd Gerraz avait finit par lâcher prise début 1773 (abandon de poste !). Sur l’affaire, voir 1765 L'affaire Gerraz
3- sommaire apprise : langue judiciaire. Procès-verbal de description et estimation (ici, apprise a le sens de « enquête »)
4- Gérondif : manifestement, cet emploi ne se réfère pas ici à la conjugaison. Que signifie ici ce mot, que l’on pourrait peut-être remplacer par « condition », « clause » ? (À l’origine le mot « gérondif » vient du lat. tardif gerundium « gérondif [terme de gramm.] » de gerere « accomplir, exécuter, faire »)


3-10-1773

Teneur de Décret

Députons Rd Isidore Mollaret pour les fins suppliées de donner la messe matinière, vu les offres faits (sic) par les suppliants et la présente et notre Décret et autres énoncées dans la requête seront enregistrés en notre Chancellerie.
St Jean, le troisième octobre mille sept cent septante-trois.
Signé + C.J. Évêque de Maurienne

 

Teneur d’autre requête énoncée en la ci-devant

À nos Seigneurs

Supplient humblement les Sindics et Conseil de la paroisse de Chamoux,
Disant qu’ils sont en possession d’avoir deux messes dans leur paroisse, une qui est célébrée par le curé, et l’autre par le prieur soit sacristain qui était entretenu audit lieu par les Rds Seigneurs Abbé et Religieux de St Rambert, lequel était obligé d’aider le curé dans ses fonctions.
Ce bénéfice de sacristain étant aujourd’hui vacant, Rd Guerraz qui en était pourvu ayant été obligé de l’abandonner par des raisons que l’on ne rappelle pas, les suppliants se sont adressés à Monseigneur l’Évêque de Maurienne pour avoir un second prêtre, soit: vicaire, et par son ordonnance du vingt-quatre avril dernier rendue ensuite d’une Sommaire apprise sur l’utilité et nécessité à ce sujet pour l’entretien d’un vicaire.

Pour se procurer ces fonds, ils ont tiré en instance céans le Rd curé de Chamoux et les Rds Seigneurs Abbé et Religieux de St Rambert aux fins d’avoir la saisie de la dîme possédée par le Rd curé de même que des fruits et revenus dépendant du prieuré de Chamoux possédés par les Messieurs de St Rambert, curé primitif audit lieu, laquelle
Leur a été accordée par provision par Décret du Sénat du dix-huitième mai dernier, exécuté par exploit du vingt-huit.

Le Droit en la possession des suppliants n’est point contesté. Mais l’Abbé de St Rambert les renvoie au Rd Curé possesseur de la dîme, et ce dernier les renvoie à l’Abbé de St Rambert parce que, dit-il, la dîme qu’il perçoit est insuffisante pour sa portion congrue, de manière que par rapport à ces contestations, le service divin ne se fait pas.
Les suppliants qui croient avoir établi au procès que les revenus dépendant du prieuré de Chamoux sont affectés et destinés tout comme la dîme à tout le moins en cas d’insuffisance de celle-ci, pour satisfaire le service de la paroisse, ont pris des conclusions par leur écriture du dixième juillet dernier, tendant à ce que l’Abbaye de St Rambert fût déclarée tenue de payer par provision au vicaire qui sera établi la somme de deux cent soixante livres pour son entretien, ce qu’en conséquence mainlevée des fruits et revenus dudit prieuré leur fut accordée à concurrence de ladite somme.

Ils ont reconnu la justice de ces conclusions, puisque par leur écriture du vingt-un du même mois, ils ont offert de payer annuellement ladite somme, sous des [gérondifs] néanmoins dont les suppliants ont fait voir l’incivilité par leur acte responsif 5 du vingt-huit.
Dans toutes ces contestations les suppliants nonobstant leur droit et possession se trouvent cependant privés des secours spirituels depuis plus d’un mois, ils n’ont plus qu’une messe dans leur paroisse qui est composée de plusieurs hameaux éloignés les uns des autres et à laquelle par conséquent il est impossible que tous les paroissiens puissent assister, de manière que la moitié des habitants sont obligés de manquer la messe les jours de fêtes et dimanches, ce qui est un scandale inouï dans laite paroisse, il importe essentiellement de le faire cesser, le ministère public y est intéressé à forme du
∣∣ chap. 2d du petit Règlement de la Savoie dont l’on implore le bénéfice, et l’abus ferait trop grand fi en le laissant subsister pendant la durée de l’instance, n’y ayant pas apparence qu’elle finisse sitôt, surtout s’il s’agit d’en venir à un éclaircissement pour savoir si la dîme que le Rd curé perçoit est suffisante ou non pour sa portion. C’est pourquoi les suppliants recourent à ce qu’il vous plaise, nos Seigneurs, ayant égard à l’exposé justifié par le volume de ladite instance ci-joint, est qu’il s’agit d’un cas qui mérite prompte provision, accorder aux suppliants sans préjudice du droit respectif des parties, la mainlevée des fruits et revenus dépendants du prieuré de Chamoux jusques à concurrence de la somme de deux cent soixante livres, applicable à payer le prêtre qui célèbrera la seconde messe et autres fournitures en conséquence avec injonction aux débiteurs saisis d’en vider leurs mains, entre celles du prêtre qui sera établi provisionnellement à ces fins dans tel délais qu’il plaira au Sénat de fixer en protestant de tous dépens et plaire pouvoir
Signé sur l’original par M° Petro pour Vernier procureur

Note
responsif : qui contient une réponse (Vocabulaire de cour de Justice)

6-9-1773

Teneur de Decret

Sont accordées la mainlevée et l’injonction requises en donnant les suppliants bonne et suffisante caution de restituer ce qui aura été exigé en tout ou en partie ainsi et comme il sera ordonné et sera satisfait à ladite injonction dans le terme de dix jours
Fait à Chambéry au Sénat le sixième septembre mil sept cent septante trois
Signé sur l’original par le Sr Tiollier de l’avis du Sénat


6-9-1773

Teneur de Lettres

Le Sénat de Savoie en exécution de son Décret de ce jourd’hui mis sur requête présentée par les Sindics et Conseil de la paroisse de Chamoux et à leur requête, ledit Sénat leur a accordé et accorde la mainlevée et l’injonction requises en donnant les suppliants bonne et suffisante caution destinée à ce qui aura été exigé en tout ou en partie, ainsi et comme il sera ordonné et sera satisfait à ladite injonction dans le terme de dix jours, mande à ces fins ledit Sénat au premier huissier ou sergent royal sur le requis de donner toutes assignation et faire tous exploits requis et nécessaires, de ce faire donne pouvoir.
Données à Chambéry le 6e 7bre 1773


10-9-1773

Teneur d’acte à caution

Du dixième septembre mil sept cent septante-trois, à comparu au greffe du Sénat et au bureau de l’actuaire de la C… Sr François fils de feu François Brun natif et habitant de Chamoux, lequel ayant fait la lecture du décret du Sénat mis au bas de la requête présentée par les Sindics et Conseil dudit Chamoux le sixième du courant, et pour que ledit Conseil puisse se prévaloir du bénéfice d’icelui, ledit comparant après avoir renoncé au bénéfice des division et ordre de discussion y [a] rendu caution au sujet de la mainlevée obtenue par ledit décret et promis rendre et restituer tous ce qui pourra être exigé en vertu d’icelui, tant en capital, dommages, intérêts, que dépens ; à cet effet a obligé tous ses biens présents et à venir qu’il se constitue tenir et pour la validité du présent a constitué pour son procureur M° Vernier présent et acceptant sous due élection de domicile.
Signé par ledit François Brun et par M° Vernier [notaire ?] qui a mis deux sols.
Signé par M° Cabuat excusant M° Bouvier.


16-9-1773

Teneur d’exploit

L’an mil sept cent septante-trois et le seize de septembre, je, sergent royal soussigné, certifie qu’en exécution du décret et lettres ci-devant écrites et à la requête des Srs suppliants d’icelles, m‘être adressé aux domiciles de M° Moloz (sic) notaire et de là je me suis adressé au domicile du Sr Jean-François Deglapigny, et de là, je me suis adressé au domicile d’honable Joseph Petit, et de là, je me suis adressé au domicile de Jean Allioux ; et de là, je me suis adressé à la paroisse du Bettonnet distant d’environ demi lieue et au domicile d’honable Pierre Plaisance, et de là, je me suis transporté jusqu’au lieu de la Chaume paroisse de Chamoux distant d’environ demi lieue, et au domicile d’Antoine Tournafond où étant [auxquels] j’ai dument lu, montré et signifié décret et lettres avec injonction que je leur ai faite de payer les censes dans le terme porté par ledit décret et lettres, desquels ainsi que de ladite requête qui le [prend ?] et acte à caution de même que de mon présent exploit leur ayant à chacun séparément donné copie du tout portant à leurs personnes, en présence de Jean Revy et de Jean Guyaz témoins requis,
Signé à l’original par le sergent Petit.
Le vingt-deux dudit mois de septembre le même sergent a notifié le tout ci-dessus et fait la même injonction à François Godon de Châteauneuf.


Quatre ans plus tard, le vicaire s'en allait - mais cette fois, il partait simplement pour une autre cure. Un nouveau vicaire fut donc nommé.


G Maurienne 38 (1767-77) F° 279

13-9-1777

Teneur de députation d’un  prêtre pour donner la Messe matinière à Chamoux

Charles-Joseph Filippa de Martinière
Par la miséricorde de Dieu et l’autorité du St Siège Apostolique
Évêque de Maurienne et Prince d’Aiguebelle

Vu :
- la requête à nous présentée le 3 octobre 1773 par les sindics et Conseil de la paroisse de Chamoux aux fins qu’il nous plût par les raisons y évoquées, députer par [provision ?] un prêtre et l’envoyer audit lieu de Chamoux pour y donner une seconde Messe - soit: la matinière - à l’heure accoutumée, pour l’offre de le faire jouir annuellement de la somme de deux cent soixante livres,
- notre décret dudit jour par lequel nous avions député Rd Isidore Mollaret pour les fins que dessus, et attendu que ce dernier a quitté ledit lieu de Chamoux pour être Curé à Jarrier, nous avons été supplié par la dite Communauté soit les Sindics et conseil d’icelle de vouloir députer un autre prêtre pour donner la dite Messe matinière, à quoi adhérons, attendu le besoin présent qu’a ladite paroisse d’avoir deux Messes.

Nous députons Rd Joseph Catherin Arnaud prêtre de la paroisse de St Jean d’Arve pour donner audit lieu de Chamoux ladite Messe Matinière en tant cependant qu’on le fasse jouir annuellement de ladite somme de deux cent soixante livres et le présent sera enregistré.
St Jean de Maurienne dans notre palais épiscopal le 13e septembre 1777.
Signé C.J. Évêque de Maurienne et prince
+


Nouveau changement : Rd Arnaud est "promu" et quitte Chamoux pour Sardières. Il faut nommer un nouveau vicaire. C'est un nouvel évêque qui procède.


G Maurienne 39 1773-85 F° 60

31-8-1780

Teneur de députation d’un prêtre pour donner la messe matinière à Chamoux

Charles-Joseph Compans de Brichanteau
Par la grâce de Dieu et l’atorité du St Siège
Évêque de St Jean de Maurienne et Prince d’Aiguebelle etc

Vu la requête présentée le troisième octobre mil sept cent soixante et treize par les Sindics et Conseil de la paroisse de Chamoux au Révérendissime Évêque notre prédécesseur aux fins qu’il lui plût, ayant égard aux raisons amplement exposées en ladite requête, députer par provision un prêtre et l’envoyer audit lieu de Chamoux pour y donner une seconde messe – soit : la matinière – à l’heure accoutumée, sous l’offre qu’ont fait lesdits Sindic et Conseil de le faire jouir annuellement de la somme de deux cent soixante livres, le décret dudit jour duquel il résulte que Rd Isidore Mollaret a été député pour les fins que de plus, autre décret dudit Révérendissime notre prédécesseur du treize septembre mil sept cent soixante et dix-sept, par lequel il conste que Rd Charles Catherin Arnaud a été successivement député pour donner ladite messe audit lieu de Chamoux en tant que le ferait aussi jouir annuellement de ladite somme de deux cent soixante livres,
Et comme le Rd Arnaud a quitté ledit lieu de Chamoux pour être curé à Sardières,
Nous avons été humblement supplié par les Sindic et Conseil dudit lieu pour qu’il nous plût députer un autre prêtre pour donner ladite messe matinière, sous la même offre de le faire jouir annuellement de ladite somme de deux cent soixante livres, à quoi adhérant vu le besoin pressant de ladite paroisse d’avoir deux messes,
Nous députons Rd Pierre Anthelme Mollingal, prêtre de la paroisse de la Trinité en notre diocèse pour donner audit lieu de Chamoux ladite messe matinière, en tant cependant qu’on le fera jouir chaque année de ladite somme de deux cent soixante livres, et le présent sera enregistré en notre chancellerie à St Jean de Maurienne, dans notre parlais épiscopal,
Le 31e août 1780.
Signé + Charles Joseph, Évêque de Maurienne,
scellé et par moi soussigné, contresigné et par extrait (…) Chancellier


et 3 ans plus tard, nouveau changement : faute de trouver un Mauriennais, les Chamoyards ont trouvé un "étranger"…


G Maurienne 39 1773-85 F°150

Teneur de députation d’un prêtre pour donner
la Messe Matinière à la paroisse de Chamoux

Monseigneur
Le Vicariat provisionnel de Chamoux étant vacant depuis longtemps et n’ayant pu se procurer un prêtre de ce diocèse malgré les demandes réitérées que nous avons faites ainsi que nous le devons en notre qualité d’administrateurs de cette paroisse, et nous en étant procuré un d’un diocèse étranger en la personne de Rd Maurice Mugnier ensuite de l’agrément que nous avons eu de Monsi [Roges] Votre Vicaire Général, nous avons l’honneur Monseigneur de vous prier de vouloir bien l’agréer, et de lui donner sa patente de Vicaire provisionnel de Chamoux sous l’offre que nous faisons de lui payer annuellement deux cent soixante livres ainsi qu’il a été fixé.
Et vous prions d’être persuadé du plus profond respect avec lequel nous ne cesserons d’être, Monseigneur, de Votre Grandeur, vos très humbles et très obéissants serviteurs.
Signé sur la requête soit lettre
Delivron Salomon Le Cadet Jean-Baptiste Vuliormet et les nommés Bernard […] et Tronchet qui ont fait leurs marques
Et y est encore signé M° Simon Molo
(sic) notaire et [secrétaire]

Et à la suite :

29-10-1783

Teneur de décret

Vu la requête présentée le troisième octobre mille sept cent septante-trois (1773) par les sindics et Conseil de la paroisse de Chamoux au Révérendissime Seigneur Évêque notre prédécesseur aux fins qu’il lui plût, ayant égard aux raisons amplement exposées en ladite requête, députer par provision un prêtre et l’envoyer audit lieu de Chamoux pour y donner la messe matinière à l’heure accoutumée sous l’offre qu’ont fait lesdits sindics et Conseil de le faire jouir annuellement de la somme de deux cent soixante livres, le décret dudit jour duquel il résulte que Rd Isidore Mollaret a été député pour les fins que dessus,
- autre décret dudit Révérendissime notre prédécesseur du treize septembre mille sept cent septante sept (1777) par lequel il conste que Rd Charles Arnaud a été successivement député pour donner ladite messe matinière audit lieu de Chamoux en tant qu’on le ferait jouir annuellement de ladite somme de deux cent soixante livres,
- vu en outre notre décret du trente un août mille sept cent huitante (1780), par lequel en place du Rd Arnaud, nous avons député pour les mêmes fins que dessus Rd Pierre Anthelme Mollingal. La requête – soit lettre –ci-devant à nous adressée par les sindic et Conseil de ladite paroisse par laquelle ils nous ont prié qu’il nous plût députer en place dudit Rd Mollingal curé actuel de Bourgneuf, Rd Maurice Mugnier, prêtre du diocèse de Tarentaise,
- vu enfin les lettres patentes de Rd Seigneur Vicaire Général et officiel capitulaire dudit diocèse de Tarentaise sous la date du vingt-troisième du courant portant entre autres que ledit Mugnier a été pendant plusieurs années curé de la paroisse de la Villette, diocèse susdit, qu’il n’a encore aucune censure et que rien au contraire n’empêche qu’il puisse exercer les sacrées fonctions,
- nous députons ledit Maurice Mugnier pour donner audit lieu de Chamoux ladite messe matinière, en tant cependant qu’on le fera jouir chaque année de ladite somme de deux cent soixante livres, et le présent ainsi que ladite requête qui le précède seront enregistrées en notre Chancellerie.
St Jean de Maurienne, dans notre palais épiscopal le vingt neuf octobre mille sept cent huitante-trois (1783),
Signé + Charles Joseph, Évêque de Maurienne
Par extrait, […] chancellier

6-2015 - Recherche et transcription A. Dh


Sources
Archives départementales de Savoie - G Maurienne 38 1767-77 F° 200 et 279 et G Maurienne 39 1773-85 F° 150