Inventaire

19-3-1783. Inventaire après décès d'Antoine de Gallis

Antoine de Gallis est mort le 14 mars: il laisse une veuve Anne-Charlotte et leur fille, Julie, son héritière. Un tuteur est désigné, Pierre-Louis Falquet, allié de la famille : pour la bonne forme, celui-ci a demandé l'inventaire de la maison du défunt; apparemment, la visite révèle une petite aisance de gentilhomme campagnard. Sans plus...

inventaire des meubles, effets, denrées, bestiaux et titres
délaissés par noble Antoine Degalis de la tour,
à requête du Sr Pierre-Louis Falquet, tuteur de demelle Julie Degalis

L’an mil sept cent quatre-vingt et trois, et le dix-neuf du mois de mars à huit heures du matin à Villardizier paroisse de Chamoux, par-devant moi, notaire royal soussigné, dans la maison délaissée par noble Antoine Degalis de la tour a comparu de Sr Pierre-Louis, fils de feu Sr Joseph Falquet natif de la vallée de la Magdelaine, province du Piémont, habitant de cette paroisse, lequel m’aurait représenté que ledit noble Antoine Degalis de la tour, étant décédé il y a quelques jours avec testament solennel, dont le verbal de présentation a été reçu par moi, notaire, le douze du courant, ouvert judiciellement par acte du jour d’hier, reçu par M° Gabriel Mollot, notaire excusant le greffier ;

maison forte de Villardizier (XIVe siècle?) - photo ADh/CCA

- il aurait entre autres été nommé par ledit testament pour tuteur en la personne et biens de Julie sa fille et héritière, et recevoir en conséquence [de chambre ?] les incombances requises par verbal de tutelle aussi du jour d’hier reçu par moi, notaire,

- dans lequel verbal de tutelle, ledit juge m’aurait commis pour procéder à inventaire des meubles, effets, denrées, bestiaux et autres avoirs délaissés par ledit noble Degalis,

- à l’effet de quoi ledit Sr Pierre-Louis Falquet en sa dite qualité de tuteur de ladite demelle Juile Degalis m’aurait requis de  procéder audit inventaire en conformité des royales constitutions même des meubles, effets, bestiaux, or, argent et autres choses délaissés, légués à demelle Marguerite-Xavier Degalis sa femme, sans entendre préjudicier aux droits qu’a cette dernière, fera ledit leg et pour adhérer à ses réquisitions, j’aurais choisi pour témoins pour m’assister au présent inventaire Spble François Mathieu, fils de feu Se Jacques Descombes, avocat en la cour du parlement de Grenoble, et Sr François-Mathieu Descombes son fils, ce premier grand-père de ladite demelle Julie Degalis, natif de Laval, son fils natif de la ville de Grenoble et noble Antoine fils de feu noble Jean-François Degalis, cousin de ladite pupille, et tous sont des plus proches parents d’icelle, ce dernier aussi natif et habitant de cette paroisse ; M° Joseph fils émancipé du Sr Pierre Guillot, notaire royal natif de St Pierre d’Albigny, Joseph-François fils de feu Barthélémy [Troncher] natif de Morillon en Faucigny, l’un des conseillers de cette paroisse ; et Pierre fils de feu Claude Plaisance natif de Montendry, et tous trois habitants de cette paroisse,

- tous lesquels étant ici présents, j’aurais en leur assistance audit inventaire comme ci-après ayant préalablement remontré auxdits témoins qu’ils étaient obligés de me déclarer tout ce qu’ils savent avoir été délaissé par ledit noble Antoine Degalis de la tour, faute de ce qu’ils en sont responsables.

Visite des lieux

Premièrement, nous trouvant à la cuisine, nous y aurions trouvé un grand buffet à six portes avec son étagère dessus de la même longueur, le tout en bois noyer en bon état, une mauvaise table à quatre piliers de noyer plus que …. Avec ses deux bancs de noyer ; de plus, deux pétrissoires [1] de noyer avec leur couvert toutes neuves, dont une peut contenir un veyssel [2] de blé, et l’autre neuf cartes [3] ; un mauvais coffre de noyer sans serrure ; cinq chaises de bois noyer en bon état, et une de paille en bon état ; un tour à filer en menuiserie neuf ; un dévidoir ; un mortier de fonte avec un pilon de bois pesant environ douze livres, un réchaud de fer neuf ; un chauffe-lit de cuivre avec son manche de bois en bon état ; deux poêles à frire en bon état ; une cloche de [gueuse ?] avec son couvert à manche à trois pieds ; un poêlon de cuivre blanc plus demi usé ; trois marmites dont deux sont de [gueuse ?], et l’autre de métal avec leurs anses de fer tenant environ dix pots entre les trois, cinq cuillers à pot dont deux percées ; un tamis tout neuf ; deux lanternes de fer blanc dont une mi usée; de plus, une [lifritte ?] à deux manches en bon état, un couteau à hacher les herbes en bon état avec sa planche ; un par… tout en fer pesant environ cinq livres ; une poêle pour le feu de fer en médiocre état ; trois lampes de laiton dont une avec son couvert neuve, les autres mi usées ; le calice de la chapelle dans son étui ; deux chandeliers de composition en bon état ; un autre de cuivre en bon état ; un couvert de plat de fer état neuf ; un couvert de fer neuf ; une paire de plaque à repasser le linge en bon état, deux rotissoires en fer, un neuf, un mi usé ; deux plats de fer avec leur anse de chaque côté, un pot de fer blanc ; un [jovelot] d’étain ; un arrosoir de jardin de fer blanc ; un moulin de poivre mi usé ; une carte à mesurer le blé avec ses deux anses de fer en bon état ; une [moudure ?] aussi en bon état ; un bassin à l’eau de cuivre plus que demi usé ; une poêle percée mi usée, une [crémaillère] à trois branches avec sept anneaux ; un crochet ; un chenet de fer à trois tenons et une boucle ; la broche avec sa brochette de fer ; une servante de fer pour tenir la poêle ; un vieux bois de lit de noyer à quatre piliers avec des vieux rideaux de sergette plus demi usés, avec son garde-paille mi usé et deux linceuls de toile mêlée en bon état ; une échelle à treize échelons plus que mi usée ; douze cuillers d’étain ; neuf fourchettes de fer ; deux entonnoirs de fer blanc pour les bouteilles ; dix jambons, dont trois [mayancés [4] ?]; une rappe de fer blanc pour le fromage et deux autres rappes en fer pour le fruit ; une petite hache de fer avec son manche de bois ; deux coins de fer pour fendre le bois pesant entre tous deux dix livres ; et finalement une table de bois pommier avec son pliant en bon état.

Lit « à la duchesse » Louis XV (d’ap.l’Encyclopédie de Diderot, fig. 1260)

Lit à la duchesse, XVIIIe siècle De la cuisine nous nous serions tous transportés dans la chambre à côté visant du nord, ou est décédé ledit noble Degalis ; nous y aurions trouvé une commode en bois noyer avec ses trois tiroirs avec leur serrure et clef, avec les garnitures en laiton ; un miroir en cadre doré dont la glace a dix pouces d’hauteur et huit pouces de largeur ; sept chaises et un fauteuil de bois garni de paille en bon état ; un lit à la duchesse, dont le bois est plus que demi usé, avec ses rideaux de sergette verte en bon état ; de plus un garde-paille [5] avec un matelas de crin en coutil [6] en bon état avec son traversin, sa couverture de sergette verte et ses deux linceuls ;

nous serions ensuite transportés dans la chambre qui vise part du midi sur le jardin ; nous y aurions trouvé un miroir garni en dorure dont la glace a dix-neuf pouces d’hauteur et seize pouces de large ; une selle de cheval neuve avec toutes ses garnitures et courroies ; un vieux tour à filer ; un sac où il y a environ trois cartes de blé noir ; un van à vanter le blé ; un fouet de cheval ; une chaise et un fauteuil de paille ; un bois de lit de noyer mi usé avec ses rideaux à la duchesse de sergette couleur jaune complet de toutes ses pièces ; nous aurions trouvé à la cheminée de ladite chambre une crémaillère à deux branches avec ses anneaux ; de plus, un tambour en bon état ; deux mauvais rasoirs, son cuir et sa savonnette ; une cage pour les cailles ; des paniers dont un avec son couvert ; un entonnoir de fer blanc ; de plus, un livre intitulé Le nouveau secrétaire de cabinet ; de plus un livre intitulé Essai sur l’amélioration de l’agriculture par M. le marquis Costa [7] ; un autre livre intitulé le Théâtre d’agriculture et mesnage des champs d’Olivier de Serre Sr du Pradel [8] ; une table de noyer avec son tiroir, icelle à quatre piliers.

Nous nous serions de là transportés dans la salle prenant jour par le marais ; nous y aurions trouvé une cloche de [gueuse ?] avec son couvert ; de plus, une grande marmite de [gueuse ?] avec son couvert tenant environ un demi seau ; de plus un plat de fonte pesant deux livres et demie ; de plus un petit chaudron de cuivre pesant avec ses anses et anneaux six livres et quart ; onze plats d’étain grands et petits pesant vingt-six livres ; trente-trois assiettes ; une écuelle et un pot à l’eau d’étain pesant trente-six livres ; un plat de cuivre jaune où il y a un agneau au milieu, pesant deux livres et demie ; deux [oyaux] et trois pelles dont une carrée, le tout neuf et sans manche, pesant en tout quinze livres ; un grand chaudron pesant avec son anse et un anneau en fer seize livres et demie ; un marteau de charpentier avec une serpette ; un bédane [9] avec son manche ; un grand cuiller (sic) de fer pour faire fondre le plomb ; de plus, vingt-cinq livres de lard ; de plus, neuf livres et un quart d’étoupe [10], cinq livres et demie fil de ritte, une pièce de toile ritte sortant du métier pesant vingt-huit livres, deux scies, une petite et une grande en médiocre état ; nous y aurions trouvé environ dix cartes de graines de chanvre dans un sac ; un garde-robe de noyer neuf à deux portes et deux tiroirs en dedans, sans ferrure ni serrures ; un fusil à deux coups avec son montage neuf ; une table à pied de biche en noyer avec un tiroir ; le tout de bonne valeur ; un poids à peser appelé romaine sans coupe tirant [cent] vingt livres du grand côté ; une hache recourbée avec son manche ; un petit coffre de sapin fermant à clé, icelui en charpente ; deux pas de fer pesant entre tous deux vingt-quatre livres ; un vieux [oyaux] avec son manche ; un crible de blé en parchemin ; une [houppe de Sedan vert doublée ?] en coutil toute neuve ; une lampe à pompe de fer blanc ; de plus, trois chaises de paille ; un coffre de noyer avec ses anses fermant à clef ; de plus, une table à quatre pieds tournés de noyer, avec un petit tiroir, en bon état ; trois bouteilles de verre et six toupines [11] de terre Toupinecontenant environ trente pots d’huile ; de plus dans trois petits vans environ deux pots d’huile ; de plus dans une autre toupine de terre, douze saucissons ; de plus dans un sac cinq cartes et demie froment ; dans un autre sac deux cartes d’orge ; de plus dans un autre sac quatre cartes blé maïs ; de plus dans un autre sac trois cartes de pois ; deux [échevettes] de soie crue, seize linceuls, dont sept de toile mêlée de trois aunes et demie environ pièce, et les autres de toile ritte [12] de cinq aunes de tisserand environ ; vingt-une serviette de triège [13] minées ; treize nappes de triège mi usées ; n’y ayant que quelques chemises d’homme de peu de valeur que l’on n’a pas jugé à propos d’inventorier eu égard que le peu que pourra servir on l’emploiera au profit de l’héritière.

De là nous nous serions transporté dans un petit cabinet qui à côté de la chambre qui est attiguë à la cuisine ; nous y aurions trouvé un aune de toile triège neuve ; de plus un moule pour faire du plomb de toutes qualités ; de plus une aune de toile d’étoupe ; de plus un traversin de lit de toile de coutil ; de plus, une couverte de sergette [saine ?], de deux petits flacons minces tenant environ chacun quatre pots ; de plus, deux carniers et une gibecière en bon état ; de plus, sept livres étoupe filée, et une livre et trois quarts étoupe non filée ; un habit à l’anglaise avec sa veste mi usée ; une paire de culottes noire serge de Rome sans doublure mi usée ; une veste sans manche de toile sur coton ; une paire de culottes de Vienne avec ses [caleçons] de flanelle mi usés; un habit et une veste d’Elbeuf gris de fer presqu’usés ; une redingote d’Elbeuf presque usée ; deux paires de guêtres de [coutil], une paire neuve, l’autre mi usée ; une paire de cardes à carder la laine ; deux flasques de fer-blanc ; une scie appelée [raissard] ; deux mauvaises paires de culottes de ratine [14] presque usées ; sept livres et demie plomb giboyé ; de plus, trois serviettes de triège ; une paire de gants de peau mi usés.

De plus, il m’aurait requis de procéder à inventaire des meubles et effets de demelle [15] Anne-Charlotte Mathieu, mère de ladite pupille, au regard qu’ils peuvent appartenir à la pupille en exécution dudit contrat dotal [d’aveu] passé avec ledit noble Antoine Degalis ; savoir : une robe d’indienne [16] avec sa jupe en bon état ; une polonaiseune robe "à la Polonaise" avec la jupe soie et coton en bon état, blanc et rouge ; un [matelet] chiné jupe d’indienne mi usée mouchetée ; une jupe d’indienne piquée presqu’usée ; une paire de bas de soie usés ; un manteau d’indienne en bon état ; un parasol en bon tat ; une jupe blanche de cotton de bon usage ; un mantelet de cotonne presqu’usé ; un mantelet de cotonne rayé en bleu et jaune mi usé ; huit paires de bas presqu’usés ; deux boîtes à poudre neuves ; un manteau de taffetas [17] garni en blonde [18] neuf ; un tablier de [bétille] presqu’usé ; un manteau de [bétille] doublé en taffetas rouge presqu’usé ; une robe avec sa jupe de taffetas couleur de rose rayée en bon état ; une autre robe avec sa jupe de taffetas rebroché [19] doublée en soie en bon état ; de plus, une autre robe avec sa jupe de gros de Tours [20] rebroché, le tout avec leurs garnitures en blondes et - deux autres de cotonne rebroché fond [bleu] et soie rouge ; un portefeuille velours cramoisi garni cuir neuf ; un bonnet de taffetas rose ; une […] de taffetas, avec trois petites échevettes de fleuret [21] uni filé, environ une livre de fleuret filé ; une [bobinette] de […] ; trois chemises de toile ritte presqu’usées ; de plus un autre manteau de taffetas noir presque neuf.

De plus ledit tuteur m’a déclaré avoir remis à demelle Marguerite Mathieu quatre cartes de farine blé maïs, et trois cartes de farine de froment ; de plus nous avons trouvé douze chemises de femme de toile ritte mi usées ; deux mauvais tabliers : un de cotonne, un d’indienne ; six mouchoirs de nez en lin mi usés ; trois coiffes dont une de filoche et deux de dentelles avec leurs rubans ; une autre coiffe de blonde ; un mouchoir de taffetas noir garni en gaze mi usé ; un autre de gaze blanc mi usé ; un miroir de toilette ; un diamant à rosette, l’anneau en or monté sur l’argent, que ladite dame a déclaré être de présent de fiançailles.

De plus ledit tuteur m’aurait exhibé un sac cacheté dans lequel il a déclaré être l’argent qu’il a trouvé en mon assistance, et d’icelle de François Thiabaud, de Vincent Ramel et de Philippe Rivet, lequel a été compté le jour du décès dudit noble Degalis en présence desdits témoins et par moi cacheté comme vice-châtelain, lequel sac ayant vérifié ainsi que les sceaux qui n’ont point été altérés, et l’ayant décacheté, il a été vérifié qu’il y avait dans ledit sac tant en trente-neuf écus neufs de France, écus de trois livres, que monnaie à trois cent quarante-cinq livres sept sols, que ledit tuteur se serait chargé.

De là, nous nous serions transportés au second étage dans une chambre qui vise du Levant et du Midi, nous y aurions trouvé deux couvertes de catalogne [22] dont une en bon état, l’autre plus de mi-usée ; de plus nous y aurions trouvé du blé mais non battu arrivant à environ huit cartes lorsqu’il sera battu ; nous y aurions en plus trouvé trente planches de sapin ; vingt-deux douelles [23] de tonneau ; de plus vingt planches parefeuilles [24] tant cerisier que pommier ;

- de plus au galetas, quatorze planches de sapin non attachées au plancher ; de plus à côté des degrés des galetas une arche bois sapin plus de mi usée à trois combets dont deux sont vides et dans l’autre il y a environ trente cartes de noix ; de plus, une mauvaise arche bois fayard ; de plus nous aurions trouvé un vieux coffre à l’antique bois noyer plu de mi usé dans lequel il y avait environ six cartes d’avoine ; de plus une trappe à loup en fer ; de plus une petite trappe de renard, deux éparres pesant neuf livres et demie, soixante-deux livres de vieux fer appelé riblon.

- de là nous nous serions transportés dans la cave dans laquelle nous aurions trouvé sept tonneaux bois châtaigner, dont cinq peuvent contenir environ trois charges chacun, dont trois sont à trois cercles de fer, les autres deux à quatre, dont deux sont mi usés, et les autres en bon état, l’un desquels cercles Pierre Plaisance dit lui appartenir ; des deux autres tonneaux, l’un peut contenir environ six charges, il a neuf cercles à quatre cercles de fer, l’autre peut contenir environ quatre charges et demie en bon état, cercle à trois cercles de fer(sic), dans tous lesquels tonneaux il peut y avoir environ treize charges de vin ; de plus, un petit tonneau tenant environ une charge à deux cercles de fer mi usé ; de plus, un mauvais tonneau à deux cercles de bois presque plein de châtaignes ; de plus un entonnoir de bois peuplier pour les tonneaux en bon état ; de plus quatre fromages pesant environ dix livres ; de plus deux barils en bon état ; de plus deux bouteilles de bois tenant environ quatre pots des deux ; de plus deux assiettes d’étain.

- de là, nous nous serions transportés dans le tinage ; nous y aurions trouvé outre le pressoir, deux cuves dont l’une tient environ quarante charges, ayant deux cercles de fer et trois cercles de bois ; de plus une autre cuve tenant environ vingt charges à deux cercles de fer ; de plus un banc de menuisier avec son valet en bon état ; de plus une herse avec vingt-deux pointes de fer en médiocre état ; de plus une planche noyer et une planche châtaigner ; de plus une porte de noyer à quatre panneaux ayant(sic) pieds et demi de longueur et quatre pieds de large sans ferrure ni serrure, n’ayant jamais été placée.

- de là nous serions transportés vers la grange ; nous n’y aurions trouvé que très peu de foin et de paille qui ne servira pour nourrir les bestiaux que quelques jours ; nous y aurions trouvé treize planches de noyer.

 - et dans l’écurie nous y aurions trouvé un bœuf âgé d’environ quatre ans, une vache âgée d’environ douze ans, une génisse âgée d’environ une année, et dans une petit écurie à côté nous y aurions trouvé deux petits cochons ; de plus, à côté de la grange, nous y aurions trouvé une pièce de châtaigner d’environ de trente pieds de long et de quatre pouces à la pointe.

- de plus, au verger, une pièce de châtaigner d’environ un pied de taille et de vingt pieds de longueur, non travaillée ; de plus, une autre pièce de bois noyer équarri(sic) d’environ huit pouces de diamètre, d’environ dix-huit pieds de longueur ; de plus une grande table carrée à quatre piliers, iceux étant de noyer et cerisier et le dessus de  sapin, que nous avons trouvée dans une tonne [25] au jardin ; de plus un arrosoir de jardin de fer-blanc neuf ; de plus une [hache] pour le pressoir, et une faux avec son manche, le tout en médiocre état ; de plus une pelle pour le jardin.

- de plus ledit Falquet déclare avoir chez lui un habit bleu doublé en Rouge de Sedan sans boutons ; de plus qu’il y a quatre moutons d’une année ; de plus, déclare qu’il sait que Philippe Rivet a une cochonne à moitié profit, que la demelle Mathieu lui a déclaré avoir remise il y a environ quatre mois ; de plus, qu’il sait aussi que ledit Rivet a encore une vache d’environ cinq ans, qui appartenait audit noble Degalis, que l’on dit être en commande ; ledit Falquet déclare de plus avoir chez lui trois poulaines (sic) , une âgée de quatre ans et les deux autres de trois ; de plus, nous avons trouvé  deux roues sans ferrure.

 

Inventaire des titres

- de là, nous aurions procédé à l’inventaire des titres. Nous aurions trouvé une transaction d’entre les nobles frères Degalis et noble Jean-François de [Cirasse] du dix-sept mars mil sept cent quarante-deux, Ballin notaire, cote numéro un ;
- de plus, une quittance de main privée sur papier blanc passée à noble Antoine Degalis par François Brun de la somme de quatorze livres en date du huit février mil sept cent huitante deux, signée par ledit Brun, cote numéro second ;
- de plus, une procuration ad lites 
[26] passée à noble Antoine Degalis par les communiers de Villardizier, du vingt-neuf juin mil sept cent septante-six, Mollot notaire, cote numéro trois ;
- un acquis pour ledit noble Degalis fait de Jean-François Veillet du vingt juin mil sept cent septante-quatre, Molllot notaire, cote numéro quatre ;
- de plus, le contrat dotal d’entre ledit noble Degalis et dame Jeanne-Charlotte-Élisabeth Mathieu, du vingt-sept mai mil sept cent septante-quatre, Mollot notaire, coté numéro cinq ;
- de plus, un procès d’entre noble Jean-François Degalis en qualité de curateur aux biens de noble Claude Degalis son frère, et demelle Hélène Roger, veuve de noble Louis-Hercule Degalis, Marguerite Degalis et Anne Renaud, tutrice dudit noble Degalis en vingt-six feuillets utiles commençant par un arrêt du Sénat de Savoie du second juin mil sept cent cinquante-six qui commence par être coté par le numéro cent six et finit par une écriture en comparaissance donnée par ledit noble Jean-François Degalis au feuillet cent-vingt-deux, coté numéro six ;
- une transaction d’entre noble Jean-François et demelle Jeanne Degalis et Spe Louis-Hercule Degalis coté numéro sept ;
- un testament de noble Antoine Degalis du quatre janvier mil sept cent cinquante-neuf, Ladouz notaire, cote numéro huit ;
- une note de luminaire portant la somme de seize livres trois sols au bas de laquelle est un reçu du vingt-sept septembre mil sept cent huitante deux, de quinze livres, signé Durochat , coté numéro neuf ;
- de plus, un partage d’entre noble Antoine Degalis de Villardizier et Jean-François feu Jacques Veillet du seize juin mil sept cent trente un, Savey notaire, cote numéro dix ;
- acquis pour noble Antoine Degalis fait de Joseph feu Jacques Veillet du dix-huit mars mil sept cent trente-neuf, Tardy notaire, cote numéro onze ;
- double du testament de noble Pierre, fils de Julien Degalis du neuf septembre mil six cent septante-deux, non signé, reçu par M° Vullien notaire, coté numéro douze ;
- acquis pour noble Antoine Degalis fait par Joseph Tissot du six mai mil sept cent quarante quatre, Ladouz notaire, coté numéro treize ;
- de plus, un partage fait entre les nobles frères et sœurs Degalis du vingt mars mil sept cent vingt-sept, Chanterel notaire, coté numéro quatorze ;
- de plus, un double de partage fait entre les nobles Antoine et Hercule Degalis de main privée, du sept mai mil sept cent trente-sept, signé Deplant géomètre, cote numéro quinze ;
- de plus, un extrait non signé d’une transaction d’entre noble Antoine, noble Louis-Hercule, et noble Jean-François Degalis du dix-sept mars mil sept cent quarante-deux, que l’on croit reçue par M° Ballin notaire, cotée numéro seize ;
- un extrait [en …
[27]] sur papier blanc d’une fondation de la Chapelle de Villardizier en date du vingt-trois mars mil trois cent quatre-vingt-deux, Rosa notaire, cote numéro dix-sept ;
- de plus, une parcelle des vacations et avances faites par ledit noble Degalis en qualité de procureur de la communauté de Chamoux contre François Brun, portant la somme de soixante-douze livres dix sols signée par le Sr Lionnaz pour Tardy procureur, coté numéro dix-huit ;

- de plus, un cahier de procès en cent-trente-deux feuillets utiles entre noble Antoine Degalis défendu contre noble Louis-Hercule Degalis de grange [g…] défendeur coté numéro dix-neuf ;
- autre cahier de procès en soixante-dix-sept feuillets utiles d’entre les mêmes, coté numéro vingt
- autre entre les mêmes, en cent-quatre feuillets, coté numéro vingt-un ;
- de plus, une quittance pour noble Antoine Degalis soit pour le Sr Claude-François Deglapigny passée par noble Jean-François Degalis du cinq avril mil sept cent cinquante-huit, Mollot notaire, cote numéro vingt-deux ;

- extrait sur papier blanc du testament de noble Julien Degalis du vingt-huit octobre mil six cent septante-huit, Deglapigny notaire, non signé, coté numéro vingt-trois ;
- acquis pour noble Jean-François Degalis fait de noble Antoine Degalis, portant quittance en faveur dudit noble Antoine Degalis du troisième janvier mil sept cent cinquante, Ladouz notaire, coté numéro vingt-trois ;
(sic)
- extrait de quittance passée par noble Antoine Degalis en faveur de Michel André du neuf juin mil sept cent vingt-sept, Savey notaire, cite numéro vingt-quatre ;
- copie de requête au Sénat de Savoie présentée par noble Jean-François Degalis fils à feu Claude contre demelle Marguerite Degalis, du trente-un août mil sept cent cinquante-deux, coté numéro vingt-cinq ;
- déclaration de madame Degalis Falquet du vingt-trois décembre mil sept cent quarante-neuf à l’occasion d’un arbre en faveur de noble Antoine Degalis, coté vingt-six ;
- accord entre les nobles frères Degalis du troisième juillet mil sept cent vingt-trois, non signé, Gros notaire, insinuée à Chambéry au feuillet huitante-trois du second livre de mil sept cent vingt-trois, coté numéro vingt-sept .
- Nous avons ensuite trouvé un livre journalier sur lequel il y a dix-huit feuillets écrits en partie, qui sera [par aussi] parafé au bas de chaque page, cote numéro vingt-huit ;

- Qu’est tous les titres que nous avons trouvé de plus essentiel, le surplis étant de vieux titres et mémoires de peu d’utilité, qui a le tout été mis dans un sac, qui a été lié et cacheté en présence desdits témoins, et y ai à cet effet apposé deux sceaux de chaque côté sur la [peau ?] et [ligature] ; sur lequel sceau qui m’appartient, il y a une empreinte d’un J et d’une R entrelacés.

 

De tout quoi ledit tuteur s’est chargé et aurait de plus comparu par devant moi en présence des susdits témoins, ladite demelle Anne-Charlotte Élisabeth fille du susdit Spe François Mathieu Descombes, veuve dudit noble Degalis, native de la ville de Grenoble, habitante de cette paroisse, qui déclare que la cochonne et les quatre moutons ci-devant désignés lui appartiennent en propre, se l’étant procuré des libéralités qu’elle a reçues de ses parents il y a environ deux ou trois ans ; de plus ladite demelle a déclaré se charger de tous les meubles, linge et effets portés par son [trosseil] ci-devant désigné, sauf à de représenter, en étant requise ; elle m’a de plus déclaré ainsi que ledit Sr Falquet que ledit feu noble Degalis a laissé une montre en argent chez l’horloger Defrêne à Chambéry, et qu’il a déposé chez madame Vialet à Chambéry deux pièces façon de Venise pour serviettes et nappes, et qu’ils pensent qu’il sera dû à la dame Vialet environ soixante livres, de tout quoi ledit Sr Falquet m’a requis […] que en vertu de ma dite commission je lui ai accordé.

Et le tout fait et prononcé audit tuteur et aux susdits témoins, les an et jour susdits, et sous toutes dues protestations ledit Tronchet m’ayant déclaré être illétéré

signé :                                       Simon Mollot

Falquet  Mathieu desCombes        Mathieu Des Combes

Dégallis p.          Guillot

Marque dudit Tronchet                 Pierre Plaisance

Le présent contient dix-sept pages et deux tiers d’autre

signé :                                       Simon Mollot

remarque : nombreux oublis, consignés en fin d’acte; les repères ne sont pas toujours clairs.

3-2015 - Recherche et transcription A.Dh.

autre remarque : les lectures douteuses sont placées [entre crochets]


Notes
[1] Pétrissoire : petit pétrin
[2] veyssel ou vessel : unité de mesure de volume, variable selon les localités (1 vessel ± 90l à Rumilly)
[3] carte : autre unité de mesure de volume, variable selon les localités (environ 4 ou 5 l)
[4] le jambon de Mayence avait très bonne réputation depuis le XVIe siècle : faut-il lire mayencé ?
[5] garde-paille : paillasse (housse garnie de paille)
[6] coutil (dans le texte : coutti) : toile de chanvre ou de lin lissée, très serrée, propre pour faire des lits de plume, des taies, des tentes, etc (les définitions touchant les textiles sont tirées du Dictionnaire portatif piémontais-français suivi d'un vocabulaire français Louis Capello, comte de Sanfranco, Turin, 1814)
[7] Essai sur l'amélioration de l'agriculture dans les pays montueux et en particulier dans la Savoye par M. le Marquis Costa, Chambéry 1774
[8] Le théâtre d'agriculture et mésnage des champs d’Olivier de Serre, Paris 1600 (en ligne sur Gallica.fr) Ces deux titres sont de bon aloi.
[9] un bédane est un outil proche du ciseau à bois, mais plus épais, ce qui lui donne plus de résistance. Le bédane est utilisé pour faire les mortaises
[10] étoupe (dans le texte : étouppes) : l’étoupe est un résidu de chanvre, dont on fabriquait des toiles « tout étoupe » (les toiles « de brin » utilisaient du chanvre épuré)
[11] toupine (dans le texte : tupine) : régional. Jarre de grès
[12] ritte : filasse de chanvre de 1ère qualité, qui donnait même de la dentelle un peu grossière et terne.
[13] triège : toile croisée de coton et de fil, un peu grossière
[14] ratine (dans le texte : rattine) : sorte d’étoffe de laine
[15] demelle  Anne-Charlotte Mathieu : l’avant-nom « demelle » signalait une dame noble, qu’elle soit mariée ou non
[16] indienne : toile peinte (à l’origine : aux Indes)
[17] taffetas : étoffe de soie fort mince, tissée comme la toile
[18] blonde : dentelle de soie
[19] broché se dit des étoffes façonnées
[20] Gros de Tours : espèce de moire ; on appelle « gros » les tissus (de Naples, de Tours…) plus forts que le taffetas ordinaire.
[21] Fleuret : qualité de fil fait avec la matière la plus grossière de la soie, ou ruban fait avec cette même soie.
[22] couverte de catalogne : couverture tissée, objet courant dans les inventaires du XVIIIe siècle ; l’attribution « catalogne » reste obscure
[23] duelle (dans le texte : duelle): lame de bois qui forme avec d'autres la paroi des tonneaux.
[24] Parefeuilles : voliges ?
[25] tonne : tonnelle
[26] procuration ad lites : procuration visant la défense des intérêts d’une personne en justice
[27] on lit : enlaleu avec un signe courbe au-dessus du 2ème « l » (signe d’abréviation ?). Faut-il lire : en l’alleu ? (propriété dispensée de toue redevance seigneuriale)

Source
ADS, cote 6E 11827 (M° Mollot 1783)