Les Carignan XVIIe

Thomas, puis Emmanuel-Philibert-Amédée, princes de Savoie-Carignan

En 1629 Thomas, prince de Savoie-Carignan (1595-1656), gouverneur de Maurienne, hérite - peut-être en force -, des biens de Louise de la Chambre.

Thomas de Savoie-Carignan, Anton van Dyck (1599-1641), Galerie Savoie Turin.Fils de Charles-Emmanuel 1er le Grand, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Catherine-Michelle d'Espagne, il commande les Espagnols contre la France en 1635, gagne et perd quelques batailles, sème le trouble en Piémont-Savoie en contestant la régence du duché par Christine de France, veuve de son frère le Duc Victor-Amédée 1er: la France soutient et confirme Christine comme régente ; Thomas se réconcilie avec les deux, prend le commandement d'une armée française en Italie (1642), devient généralissime des armées de France et de Savoie en Italie, perd et gagne encore quelques batailles, et meurt à Turin en 1565 dans une expédition contre les Espagnols.

Le prince Thomas de Savoie-Carignan (1595–1656)
par Anton van Dyck (1599-1641), Galerie de Savoie, Turin.

Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan - portrait au château des Valperga di Masino

 

Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan
(Castello di Masino près d'Ivrea, Piémont)

En 1565, la seigneurie de Chamoux (et autres biens) passe donc par héritage à son fils, Emmanuel-Philibert-Amédée, prince de Carignan (1628-1709). Celui-ci est né sourd, et communique avec peine (il ne prononce que quelques mots). En 1684, il épouse Catherine d'Este, qui lui donnera plusieurs enfants, mais son choix déplaît à Louis XIV, qui le retient quelques mois en France contre son gré.

C'est dans cette période qu'Emmanuel-Philibert-Amédée de Carignan a vendu Chamoux à Philibert Chappel de Rochefort, comte de Salins  : dans une quittance de 1688, Emmanuel-Philibert-Amédée de Savoie, prince de Carignan,  reconnaît avoir reçu de Charles-Emmanuel, comte Cagnolo, et de Philibert Chapel, seigneur de Rochefort, la somme de 95.000 livres pour le prix de la vente du marquisat de La Chambre avec ses cinq paroisses et de la seigneurie de  Chamoux, groupant quatre paroisses.

En 1687, Emmanuel-Philibert vend la baronnie d'Hurtières, qu'il tient de la succession de Louise, à Jean-Baptiste Castagnieri, seigneur de Çhâteauneuf.

Chamoux fut-il plus qu'une source de revenus pour cette famille ?
Le père a mené une vie de grand militaire ; le fils avait ses attaches en Italie…
On voit au moins que durant cette cinquantaine d'années, les biens furent gérés : les Archives Départementales de Savoie conservent la mémoire de réparations au château de Chamoux.

2012- 2015 - Recherche A. Dh.


Sources bibliographiques
Wikipedia : notices


Pour les chercheurs : ressources à explorer

Archives Départementales de Savoie

SA 48 - Procuration donnée par Jacques-Louis de Castagnéry, baron de Châteauneuf, conseiller d'État et premier sénateur au Sénat de Savoie, à Pierre-Antoine de Castagnéry de Châteauneuf, conseiller au Parlement de Paris, son fils, pour transiger avec les princes de Carignan et le comte de Soissons à propos des différents qu'il a avec eux au sujet des mines, cours d'eau et bois (1678).
- Sommaire des pièces du procès soutenu devant le Sénat de Savoie par Pierre-Antoine de Castagnéry, en qualité d'héritier universel de Charles-Joseph de Castagnéry, comte de Châteauneuf, contre maître Georges Bertier, agissant en qualité de curateur de l'hoirie de François-Maurice de Castagnéry, jésuite, et des créanciers de cette hoirie, s.d. (vers 1751).

SA 142. Province de Maurienne : La Chambre (suite).      
Trois comptes, rendus par maître Jean-Baptiste Arnaud, receveur des revenus des marquisats de La Chambre et de Bagé, appartenant aux princes de Carignan et de Soissons (1673-1689).

SA 144. Province de Maurienne (suite) 1 : Maurienne en général et de Bessans à Termignon. Liste des fiefs et localités : Bessans,  Chamoux, La Cachette (à Albiez-le-Vieux), Cuines, Lanslebourg et Lansvihard, Les Hurtières, les Villards, Montaimont, Montgellafrey, Orelle, Pontamafrey, Saint - Georges - d’Hurtières, Saint - Jean - d’Arves, Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Julien-de-Maurienne, Saint-Martin-la-Porte, Saint-Michel-de- Maurienne, Saint-Rémy.  
Transaction intervenue entre le patrimonial d’Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan, stipulant au nom du prince, et François-Emmanuel de Faucher de Genève, marquis de Lullin, au sujet des différends survenus entre eux à la suite de la renonciation par le marquis de Lullin en faveur du prince de Carignan à ses droits sur la succession de Gaspard de La Chambre et la baronnie des Cuines et des Villards (1689).

SA 146 Province de Maurienne : Titres de la Maison de Chambre (suite).
Correspondance adressée aux comtes puis marquis de La Chambre, au prince Thomas de Savoie-Carignan, à Sébastien du Fresnay, conseiller d’État, sénateur de la Maison du prince Thomas à Jean Baptlste Costa comte du Villard, conseiller d’État, président en la Chambre des Comptes, intendant des affaires des princes de Carignan , et autres, au sujet de la gestion du marquisat de la Chambre et des intérêts en Savoie de la Maison de Carignan (1552-1668)

SA 158. Province de Maurienne : Titres de la Maison de La Chambre (suite).
Quittance passée par Emmanuel- Philibert-Amédée de Savoie, prince de Carignan, qui reconnaît avoir reçu de Charles-Emmanuel, comte Cagnolo, et de Philibert Chapel, seigneur de Rochefort, la somme de 95 000 livres pour le prix de la vente du marquisat de La Chambre avec ses cinq paroisses et de la seigneurie de  Chamoux, groupant quatre paroisses (1688).

SA 160. Province de Maurienne : Les Hurtières (suite)
- Ordonnance de police concernant la baronnie des Hurtiéres et promulguée de la part de Thomas de Savole, prince de Carignan, marquis de La Chambre, par ses fils (1663).

ADS - Moyen-Age et Ancien Régime / Fonds des administrations d'Ancien Régime jusqu'en 1793 / Administration générale du duché
- C 643 Famille souveraine de Savoie. – François-Thomas de Savoie, prince de Carignan, et Louise Chrétienne de Savoie, sa fille. – Victoire-Françoise de Savoie-Carignan, et Louis-Victor-Amédée-Joseph de Savoie, prince de Carignan, son fils. – Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe. – Comptes rendus par le trésorier du prince Thomas, au président Garnerin, son surintendant des finances en Savoie, et au sieur Mulassan, son contrôleur des finances, en 1651 et 1652 ; avec mémoires et quittances à l'appui. – Réparations au château de Chamoux.(1628-1767)

Passage en vente sur internet en 2012
(par http://www.piasa.auction.fr/) d'un lot de lettres d'Emmanuel-Philibert-Amédée, prince de Carignan (1628-1709) fils du Prince Thomas de Carignan et de Marie de Bourbon-Soissons.
12 Lettres, Turin 1665-1698, dont 7 au marquis de Bellegarde, premier président du Sénat de Savoie ;14 pages petit in-fol., 6 adresses, cachets cire et soies, une enveloppe ; en français ou en italien.(…)
Outre des lettres de vœux, il y est souvent question du procès relatif à l'héritage du marquisat de La Chambre, longtemps disputé entre plusieurs familles de Savoie après la mort de Louise de La Chambre en 1629. Emmanuel-Philibert présente ses condoléances au comte de Villanova et de Monmaior [Blaise-Amédée Faussone-Botega] pour la mort de la comtesse (17 novembre 1665). Il demande au marquis de Coudray à La Rochette un délai pour l'estimation de terres et de forêts à Luglie dont la visite est difficile en cette saison (19 décembre 1676) [Jacques d'Allinges marquis de Coudray céda ses droits sur l'héritage de La Chambre contre les terres de La Rochette et Lhullie]. Il recommande M. Pistavin, son auditeur patrimonial, qui se rend en Savoie (14 novembre 1681). Auprès du marquis de Saint-Maurice commandant général à Chambéry [Thomas-François de Chabod], il se plaint de l'attitude du baron de Chateauneuf (20 décembre 1681). Il demande à Bellegarde de faire rendre justice aux Augustins déchaussés de Chambery à qui on dispute une place à l'entrée de leur église, «quoiqu'elle aye esté acheptée des deniers de feu Monsieur le Prince Thomas mon pere qui leur en a faict don pour en faire portail en perspective à celui de leur susde Eglise» (21 février 1682). Le baron de Chateauneuf ne respecte pas les termes d'un traité et refuse d'acquitter sa dette tant qu'un nommé Gervason, qu'il a lui-même fait emprisonner, n'a pas payé ce qu'il lui doit (19 avril 1682). Il demande à Bellegarde «de tenir a mon nom, sur les fonds du baptesme, l'enfant qu'est proche [de] donner au monde Mme de Rochefort», sa sœur la princesse de Baden ayant demandé à la marquise de Saint-Severin d'être présente (12 août 1684). À M. de Gremonville gouverneur de la province de Coni (4 novembre 1686). Au comte de Rochefort du Sénat de Chambéry, il demande de faire hâter le paiement dû par Mme de Chateauneuf ainsi que la remise des écritures par le marquis de Lullin (22 mars 1698)...On joint une P.S., Turin 10 mars 1698, en faveur de Philibert Chapel, comte de Rochefort et de Chamoux (2 pages in-fol. en italien, cachet sous papier) ; et une pièce signée par le comte Picon de la Pérouse procureur de S.A.R. Emmanuel Philibert Amédée de Savoie prince de Carignan, 1703, pour mettre fin aux poursuites commencées contre le prince et contre la princesse Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie-Soissons [fille de Charles-Amédée duc de Nemours, épouse de Charles-Emmanuel II de Savoie, elle fut Régente de Savoie pour son fils Victor-Amédée II].