1838 Visite past.

Le même évêque Alexis Billiet revient à Chamoux 5 ans plus tard : la population augmente, on est à l'étroit dans l'église. La question du cimetière est à nouveau sa préoccupation.
 

La Visite pastorale de 1838

« L'an de grâce mille huit cent trente-huit et le onze du mois de mai, nous, Alexis Billiet, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St Siège apostolique, évêque de Maurienne, Prince d'Aiguebelle, Commandeur de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare,  nous sommes transporté de la paroisse de Montgilbert où nous étions en cours de visite, à celle de Chamoux où nous sommes arrivé vers les six heures du soir, accompagné du Rd Dominique Deschamps, archidiacre, Vicaire général et Official.

À l'entrée du village chef-lieu, nous avons rencontré M. l'archiprêtre avec son Vicaire, et le Recteur de Montandrey (sic), qui nous ont conduit au presbytère ; après quelques moments de repos,  nous nous sommes rendu à l'église pour y adorer le St Sacrement, implorer la protection de St Martin, patron de la paroisse, donner notre bénédiction pastorale à la population qui s'y trouvait réunie, et lui exposer les motifs de notre visite.

Le lendemain 12 mai, nous avons recommencé les fonctions de notre ministère vers les 7h du matin en procédant à la visite de l'Église, de la sacristie et du cimetière. Nous avons fait les observations, recommandations et ordonnances ci-après.

L'Église de Chamoux qui [a] intérieurement 3175 pieds carrés, se trouve déjà un peu trop petite pour la population locale qui s'élève en ce moment à 1350 individus.

Les réparations dont elle nous paraît avoir besoin en ce moment sont :

1°. De refaire à neuf le plancher de la nef. Le Conseil de fabrique s'en est chargé.
2°. De la reblanchir dans tout son intérieur, avec quelques décorations en couleurs si on le peut facilement.
3°. De faire marbrer à neuf le maître-autel, ou ce qui serait beaucoup mieux encore, d'en construire un autre en bois doré.
4°. De faire faire un rétable pour l'autel de St François de Sales semblable à celui du Rosaire.
5°. Le presbytère est tout à fait trop petit pour servir de logement à un Curé et à un Vicaire. La toiture étant en mauvais état, il nous paraît qu'un XXXX serait le meilleur moyen de l'agrandir.
Nous recommandons au Conseil de la fabrique et à celui de la Commune de faire exécuter peu à peu chaque année quelques unes des réparations que nous venons d'indiquer. Les sentiments religieux dont ils sont animés nous sont assez connus pour que nous puissions compter avec confiance sur leur bonne volonté.
6°. Il devient indispensable de séparer le cimetière par le moyen d'un petit mur ou d'une palissade XXXXX le chemin qui sert d'avenue au presbytère ; nous recommandons et ordonnons au besoin au Conseil de fabrique de ne pas différer plus longtemps cette réparation.
7°. N'ayant pas trouvé de cimetière établi pour la sépulture des enfants morts sans baptême et des étrangers non catholiques, nous recommandons au Conseil de fabrique de destiner à cet usage un emplacement situé près du clocher, qui a été séparé du cimetière depuis peu d'années.
8°. Nous lui recommandons aussi de se procurer une chape noire neuve, lorsqu'il pourra en faire la dépense, et de faire faire une croix au bord supérieur à tous les [habits ?].
9°. Les comptes de la fabrique pour l'année 1837 ont été arrêtés le 8 janvier 1838, et approuvés par Rd Deschamps, Vicaire général le 14 du même mois. Le budget de 1838 a été approuvé aussi le 16 janvier.
10°. Le conseil de charité est établi dans la paroisse ; les revenus qu'il administre [s'élevant] à la somme de 332#05 sont distribués aux pauvres de la paroisse, et 244# destinés à former le traitement des maîtres d'école. Les comptes de 1837 sont en [retard?] d'être rendus ; on nous assure que les revenus ne sont grevés d'aucun service religieux.
11°. Les registres des baptêmes, mariages et décès sont tenus conformément à l'instruction du St Siège du 23 août 1836, et à l'édit de S.M. du 20 juin 1837.
12°. Nous avons eu la consolation de donner la Ste Communion à 450 personnes, dont 80 de la paroisse de Montandrey (sic). Nous avons ensuite administré le Sacrement de Confirmation à 200 jeunes gens, dont 40 de la paroisse de Montandrey, les ayant tous préalablement interrogés ou fait interroger sur les vérités de la Religion, leur instruction a été trouvée assez satisfaisante.
13°. Rd Charles Amédée Bois né à St André le 8 août 1797 prêtre dès le 15 juin 1821, est Recteur de Chamoux et archiprêtre dès le 1er octobre 1828. Nous savons qu'il travaille avec beaucoup de zèle à tout ce qui concerne l'administration de la paroisse et la sanctification des fidèles qui lui sont confiés.

Ainsi fait et signé à Chamoux, les an et jour que dessus, en présence de Rd Dominique Deschamps, archidiacre, Vicaire général et Official,  Charles Amédée Bois, archiprêtre recteur de cette paroisse, [M.] Portaz Joseph-Marie, recteur de Montandrey, [Ratel ??] Mathieu Ferdinand, Vicaire de Chamoux, de M. Bally Pierre-François, Syndic, du Sr Ambroise Petit Conseillers (sic) de la Commune, de MM. Michel-François Belleville notaire, secrétaire de la Commune, de MM. Guillot [Joseph ?] Ramet [Joseph ?], Plaisance Théodule, Martin Claude-Antoine, Conseillers de la fabrique.

Signé à l'original » (pas de signatures sur le document)

2012, 2014 - Recherche et transcription : A.Dh.


Sources :
Les comptes-rendus des Visites pastorales sont conservés et consultables à la Bibliothèque diocésaine de St-Jean de Maurienne (sauf celle de 1571 aux A.D.S. à Chambéry).
Renseignements : http://bibliomaurienne.canalblog.com/